SaintéLyon 2007... ET C'EST PARTI !!!!
Minuit, le départ est donné.
Placée aux arrières postes, il me faut bien 3 mn de marche avant de passer sous l'arche de départ.
Un nombre de spectateurs impressionnant est agglutiné le long des barrières de sécurité, les encouragements en tout genre vont bon train.
Loin d'être embarquée par l'euphorie du départ, je suis complétement ahurie par cette marée humaine qui déferle tout autour de moi. Je regarde, je vois, j'observe, j'écoute, je scrute... J'ai l'impression de m'être détachée de mon enveloppe corporelle et d'assister à un spectacle géant ! La sortie de Saint Etienne par ses grands axes fait de ce départ un flot humain immense ! C'est terriblement prenant !
Et je remarque quelques minutes plus tard que mon tibia gauche me lance. Mais non, c'est carrément une horrible tension qui se réveille ! J'avance tout doux mais au lieu de passer, la douleur se répend dans mon pied que je n'arrive pas à dérouler en souplesse du coup sur le sol !
Ca commence super bien !
Cette tension va disparaitre avec l'arrivée de la grimpette à Sorbiers, soit 7 km et près de 45 mn après le départ !
A la première montée un peu plus appuyée je suis surprise : tout le monde marche. Rien de compliqué pourtant mais je me remémore vite que je dois ménager ma monture... Alors je marche, et je le ferais pour chacune des montées.
Soit dit au passage, elles sont toutes raides les montées !!!!! M'aurait-on menti ??...
Je prends donc ce rythme, plus que cool et suis noyée au milieu des participants. D'ailleurs certaines, sous prétexte d'être tranquilles sont carrément pénibles : et j't'appelle "steeeeeeeeeeepppppph, t'es là ?", et j'te téléphone, et j'te prends en photo, et j'me retourne et te fous ma frontale dans la tronche... Arghhhh... Je ne le verrais pas longtemps...
2h05 - Saint Christo
Me voilà à Saint Christo, 16 km de parcourus, premier pointage. Le premier relayeur m'a doublé avant la grande montée sur Saint Christo (ça calme !!!). Je ne me sens pas vraiment bien, j'ai déjà un peu mal aux jambes. Je ne m'arrête pas au ravito, j'ai de doute façon encore du mal à avaler quoique se soit ! (mes dents du fond baignent dans les pasta !!!).
Bien me prend de ne pas m'arrêter, je me sens de mieux en mieux.
Les chemins deviennent particulièrement boueux et peu après Saint Christo, nous sommes obligés de passer par les champs ! Et ça colle ! J'ai une bonne semelle de boue sous mes trails !
J'entends une fille crier "aaahhhh" puis "plouf"... J'arrive sur la fille qui a en fait éviter au dernier moment une méchante flaque que le concurrent devant à lui bien goûté ! Non seulement il s'y est enfoncé jusqu'à mi-mollet mais il y a laissé sa chaussure ! Qu'il a du récupérer à la main !!!!
Il devient difficle d'éviter les flaques, les relayeurs qui nous doublent ne pensent eux pas à leurs chaussettes blanches ! J'ai mangé un peu de boue d'ailleurs par ici !
3h50 - Sainte Catherine
Point crucial que celui de Sainte Catherine.
"A Sainte Catherine, tu dois te sentir bien" m'avait conseillé Lorenzo. Cool, c'est le cas !
Je prends quelques minutes (environ 7 ou 8) pour avaler une crème de gruyère et 2 Tuc (rationnement !!! Les premiers y zont tout mangé les Tuc !!!), boire un thé chaud et faire quelques étirements.
Encore de bien belles montées s'offrent à nous et la fameuse descente du Bois d'Arfeuille... A pas ma copine celle là !!!! Je n'en vois plus le bout tellement il y en a (bout, boue, ok ???) ! Tout plein de cailloux dessous, des contournements accrobatiques pour éviter les piscines... Bref, j'avance pas des masses et du coup ça me pête un peu les jambes !
Puis on remonte sur Saint Genoux et là j'entends "une montée là devant et après ça descend jusqu'à Soucieu". Yes ! Je tiens le bon bout ! Pendant cette petite montée, je prends le temps de me retourner.
C'est magique, une magnifique chenille lumineuse arpente le flanc de colline, sur fond de ciel clair étoilé ! Un pur moment de bonheur !
La descente arrive, sur bitume. Aie, les jambes n'apprécient guère ces 2 changements simultanés !!!
"Relache Pat, relache..." et quelques kilomètres plus loin me voilà en train de courir, pour de vrai ! Alors que je trottinais depuis le départ, j'ai l'impression de passer en mode footing ! Et surtout je me fais particulièrement plaisir !
6h23 - Soucieu en Jarrest
Cette étape je l'avais vraiment mise en point de mire en me disant qu'après c'était un peu la dernière ligne droite. Je me sens bien depuis déjà bien 8 km, je veux que ça dure. Je ne m'arrête pas non plus.
Je décide de mettre la musique sur les oreilles et de rentrer dans ma bulle... "Pat, 23 km, c'est ton footing du dimanche matin, tu vas bientôt arriver...".
Cette idée va me faire monter une boule dans la gorge, tu peux le faire, tu vas le faire...
J'ai besoin à la fois de me reprendre et de me booster, c'est ce message qui va m'y aider : "Pat, que la force soit avec toi. Et quand ça fera vraiment mal dis-toi que ça ira mieux dans un moment. C'est tout dans la tête...". Je sors mon portable tout exprès pour le relire merci Thib !).
Et je reprends ma foulée, je vis je crois MON moment d'euphorie de la SaintéLyon ! Peut-être je me laisse un peu trop embarquée d'ailleurs, mais que c'est bon ! Je vole ! Je chante et je ne fais que doubler, redoubler des centaines de personnes !
On arrive vers Chaponost, traversée de parc puis pour en sortir, une bonne petite montée en chemin ! Tiens y'avait longtemps ! Puis redescente directe sur bitume.... AIE ! Je ne sais plus si je dois écouter l'énergie ou mes jambes.
Mauvaise pioche en prenant la première option : je prends un point ce qui me détruit encore plus les jambes ! Et ce jusqu'à Sainte Foy. Je subis, c'est terrible.
Au ravito de Sainte Foy, je prends quelques secondes pour m'étirer et m'attaque à cette grande montée de l'aqueduc, horriblement longue. Elle me permettra malgré tout de récupérer en faisant passer le point, je bois, je mange...
La sortie de Sainte Foy arrive et c'est la panneau LYON qui s'offre à ma vue avec l'affiche "reste 10 km".
"10 km, c'est rien !", surtout que les 5 qui arrivent sont en descente quasi jusqu'à Bellecour. Mes jambes ne veulent plus rien savoir, elles crient à chaque pas que je leur impose. "Mais taisez vous donc !".
Ma tête les guide un peu comme un marionnetiste le fait avec ses marionnettes.
Mes ongles de pieds commencent à être douloureux, et des ampoules se forment sous mon pied droit, et les pavés à Perrache n'arrangent pas mes affaires !
Bellecour, enfin !
Je ne peux évidemment pas louper le panneau de Badgone pour la photo des kikou et lui tire une belle langue !
Cette dernière portion est interminable, je la connais par coeur, j'y fais mes footing entre midi et 14h en semaine. Entre chaque panneau indiquant les kilomètres restant, l'impression est que cette distance a été mulitpliée par 2 ou 3 !
Un coup d'oeil à la montre, j'arrive à rester sur une moyenne de 6 à 7 mn au kilo, "pas si mal" me dis-je pour m'encourager !!!!
La Cité Internationale pointe enfin son nez, puis la salle 3000 et je vois un panneau jaune au loin, celui du dernier kilomètre...
Une boule se reforme dans ma gorge, l'air n'y passe plus, je suffoque, tout ça à l'idée que ça y est l'arrivée est là, à quelque centaines de mètres. J'essaie de ne pas y penser, je respire comme si je faisais une accélération sur 1 minute !
Un virage, 2 kikous relayeurs, le stade de l'UFRAPS et je vois l'arche d'arrivée ! Cette fois la boule se resserre encore un peu plus, tel un immense sanglot d'enfant. "Calme toi Pat, respire !".
Dernier virage, petit chemin sur la droite, je suffoque, l'air ne passe plus, les larmes commencent à monter...
Les encourgaments fusent le long des barrières de sécurité.
Plus que quelques dizaines de mètres... et là sur ma gauche je vois Papa, puis Maman. "Ils sont venus !".
Leurs visages sont éclairés d'un sourire fière et leurs yeux sont rougis et humides.
L'émotion me submerge, l'air ne passe plus du tout ! J'ai un mal fou à respirer ! J'ai carrément les larmes aux yeux !
Placée aux arrières postes, il me faut bien 3 mn de marche avant de passer sous l'arche de départ.
Un nombre de spectateurs impressionnant est agglutiné le long des barrières de sécurité, les encouragements en tout genre vont bon train.
Loin d'être embarquée par l'euphorie du départ, je suis complétement ahurie par cette marée humaine qui déferle tout autour de moi. Je regarde, je vois, j'observe, j'écoute, je scrute... J'ai l'impression de m'être détachée de mon enveloppe corporelle et d'assister à un spectacle géant ! La sortie de Saint Etienne par ses grands axes fait de ce départ un flot humain immense ! C'est terriblement prenant !
Et je remarque quelques minutes plus tard que mon tibia gauche me lance. Mais non, c'est carrément une horrible tension qui se réveille ! J'avance tout doux mais au lieu de passer, la douleur se répend dans mon pied que je n'arrive pas à dérouler en souplesse du coup sur le sol !
Ca commence super bien !
Cette tension va disparaitre avec l'arrivée de la grimpette à Sorbiers, soit 7 km et près de 45 mn après le départ !
A la première montée un peu plus appuyée je suis surprise : tout le monde marche. Rien de compliqué pourtant mais je me remémore vite que je dois ménager ma monture... Alors je marche, et je le ferais pour chacune des montées.
Soit dit au passage, elles sont toutes raides les montées !!!!! M'aurait-on menti ??...
Je prends donc ce rythme, plus que cool et suis noyée au milieu des participants. D'ailleurs certaines, sous prétexte d'être tranquilles sont carrément pénibles : et j't'appelle "steeeeeeeeeeepppppph, t'es là ?", et j'te téléphone, et j'te prends en photo, et j'me retourne et te fous ma frontale dans la tronche... Arghhhh... Je ne le verrais pas longtemps...
2h05 - Saint Christo
Me voilà à Saint Christo, 16 km de parcourus, premier pointage. Le premier relayeur m'a doublé avant la grande montée sur Saint Christo (ça calme !!!). Je ne me sens pas vraiment bien, j'ai déjà un peu mal aux jambes. Je ne m'arrête pas au ravito, j'ai de doute façon encore du mal à avaler quoique se soit ! (mes dents du fond baignent dans les pasta !!!).
Bien me prend de ne pas m'arrêter, je me sens de mieux en mieux.
Les chemins deviennent particulièrement boueux et peu après Saint Christo, nous sommes obligés de passer par les champs ! Et ça colle ! J'ai une bonne semelle de boue sous mes trails !
J'entends une fille crier "aaahhhh" puis "plouf"... J'arrive sur la fille qui a en fait éviter au dernier moment une méchante flaque que le concurrent devant à lui bien goûté ! Non seulement il s'y est enfoncé jusqu'à mi-mollet mais il y a laissé sa chaussure ! Qu'il a du récupérer à la main !!!!
Il devient difficle d'éviter les flaques, les relayeurs qui nous doublent ne pensent eux pas à leurs chaussettes blanches ! J'ai mangé un peu de boue d'ailleurs par ici !
3h50 - Sainte Catherine
Point crucial que celui de Sainte Catherine.
"A Sainte Catherine, tu dois te sentir bien" m'avait conseillé Lorenzo. Cool, c'est le cas !
Je prends quelques minutes (environ 7 ou 8) pour avaler une crème de gruyère et 2 Tuc (rationnement !!! Les premiers y zont tout mangé les Tuc !!!), boire un thé chaud et faire quelques étirements.
Encore de bien belles montées s'offrent à nous et la fameuse descente du Bois d'Arfeuille... A pas ma copine celle là !!!! Je n'en vois plus le bout tellement il y en a (bout, boue, ok ???) ! Tout plein de cailloux dessous, des contournements accrobatiques pour éviter les piscines... Bref, j'avance pas des masses et du coup ça me pête un peu les jambes !
Puis on remonte sur Saint Genoux et là j'entends "une montée là devant et après ça descend jusqu'à Soucieu". Yes ! Je tiens le bon bout ! Pendant cette petite montée, je prends le temps de me retourner.
C'est magique, une magnifique chenille lumineuse arpente le flanc de colline, sur fond de ciel clair étoilé ! Un pur moment de bonheur !
La descente arrive, sur bitume. Aie, les jambes n'apprécient guère ces 2 changements simultanés !!!
"Relache Pat, relache..." et quelques kilomètres plus loin me voilà en train de courir, pour de vrai ! Alors que je trottinais depuis le départ, j'ai l'impression de passer en mode footing ! Et surtout je me fais particulièrement plaisir !
6h23 - Soucieu en Jarrest
Cette étape je l'avais vraiment mise en point de mire en me disant qu'après c'était un peu la dernière ligne droite. Je me sens bien depuis déjà bien 8 km, je veux que ça dure. Je ne m'arrête pas non plus.
Je décide de mettre la musique sur les oreilles et de rentrer dans ma bulle... "Pat, 23 km, c'est ton footing du dimanche matin, tu vas bientôt arriver...".
Cette idée va me faire monter une boule dans la gorge, tu peux le faire, tu vas le faire...
J'ai besoin à la fois de me reprendre et de me booster, c'est ce message qui va m'y aider : "Pat, que la force soit avec toi. Et quand ça fera vraiment mal dis-toi que ça ira mieux dans un moment. C'est tout dans la tête...". Je sors mon portable tout exprès pour le relire merci Thib !).
Et je reprends ma foulée, je vis je crois MON moment d'euphorie de la SaintéLyon ! Peut-être je me laisse un peu trop embarquée d'ailleurs, mais que c'est bon ! Je vole ! Je chante et je ne fais que doubler, redoubler des centaines de personnes !
On arrive vers Chaponost, traversée de parc puis pour en sortir, une bonne petite montée en chemin ! Tiens y'avait longtemps ! Puis redescente directe sur bitume.... AIE ! Je ne sais plus si je dois écouter l'énergie ou mes jambes.
Mauvaise pioche en prenant la première option : je prends un point ce qui me détruit encore plus les jambes ! Et ce jusqu'à Sainte Foy. Je subis, c'est terrible.
Au ravito de Sainte Foy, je prends quelques secondes pour m'étirer et m'attaque à cette grande montée de l'aqueduc, horriblement longue. Elle me permettra malgré tout de récupérer en faisant passer le point, je bois, je mange...
La sortie de Sainte Foy arrive et c'est la panneau LYON qui s'offre à ma vue avec l'affiche "reste 10 km".
"10 km, c'est rien !", surtout que les 5 qui arrivent sont en descente quasi jusqu'à Bellecour. Mes jambes ne veulent plus rien savoir, elles crient à chaque pas que je leur impose. "Mais taisez vous donc !".
Ma tête les guide un peu comme un marionnetiste le fait avec ses marionnettes.
Mes ongles de pieds commencent à être douloureux, et des ampoules se forment sous mon pied droit, et les pavés à Perrache n'arrangent pas mes affaires !
Bellecour, enfin !
Je ne peux évidemment pas louper le panneau de Badgone pour la photo des kikou et lui tire une belle langue !
Cette dernière portion est interminable, je la connais par coeur, j'y fais mes footing entre midi et 14h en semaine. Entre chaque panneau indiquant les kilomètres restant, l'impression est que cette distance a été mulitpliée par 2 ou 3 !
Un coup d'oeil à la montre, j'arrive à rester sur une moyenne de 6 à 7 mn au kilo, "pas si mal" me dis-je pour m'encourager !!!!
La Cité Internationale pointe enfin son nez, puis la salle 3000 et je vois un panneau jaune au loin, celui du dernier kilomètre...
Une boule se reforme dans ma gorge, l'air n'y passe plus, je suffoque, tout ça à l'idée que ça y est l'arrivée est là, à quelque centaines de mètres. J'essaie de ne pas y penser, je respire comme si je faisais une accélération sur 1 minute !
Un virage, 2 kikous relayeurs, le stade de l'UFRAPS et je vois l'arche d'arrivée ! Cette fois la boule se resserre encore un peu plus, tel un immense sanglot d'enfant. "Calme toi Pat, respire !".
Dernier virage, petit chemin sur la droite, je suffoque, l'air ne passe plus, les larmes commencent à monter...
Les encourgaments fusent le long des barrières de sécurité.
Plus que quelques dizaines de mètres... et là sur ma gauche je vois Papa, puis Maman. "Ils sont venus !".
Leurs visages sont éclairés d'un sourire fière et leurs yeux sont rougis et humides.
L'émotion me submerge, l'air ne passe plus du tout ! J'ai un mal fou à respirer ! J'ai carrément les larmes aux yeux !
20 mètres et c'est le BIP de ma puce !
9h30 - Campus de la Doua - Villeurbanne
... J'AI FINI ! J'AI REUSSI !!!!!...
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