Un(e) LUT(te) de toute beauté

Publié le par Mamanpat

 

28 secondes

Une poussière qui nous rappelle que nous sommes peu de choses.

Une poussière d'or qui vaut celle d'un pavé.

 

Si je n’avais pas fais un bisou au premier pointage ou taper quelques mains qu’on me tendait sur le bord du chemin, si j’avais fait un peu moins de poses aux photographes, si j’avais trottiné plus longtemps dans la montée d’Yprès au lieu de marcher de peur de trop solliciter mon ischio, si j’avais serré encore plus les dents pour rester à 12 km/h de moyenne sur les dernière relances sur plat, si les 2 derniers km ne s’étaient pas faits au milieu de peloton du 12 et du 23 km…

Mais avec des « si » on mettrait Paris en bouteille, et tellement de choses n’arriveraient pas…

 

Et malgré ces 28 secondes qui me privent du pavé d'or, mon objectif est atteint et ma course incroyablement réussie !

 

Faut dire qu’il était ambitieux cet objectif !

4h00 !

4h00 pour venir à bout des 36 km du grand parcours du Lyon Urban Trail, avec ses 1600 m de dénivelé positive et surtout ses 6000 marches.

Alors qu’en 2013 je bouclais en 4h19 avec un sacré entraînement préalable réalisé sur nos chers pentes et escaliers lyonnais, cette année ce type de séance se résume à… 4…

En 2012 je franchissais ce même parcours main dans la main avec Cécile en 4h52...

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Alors autant vous dire que je n’y croyais pas vraiment !

Mais j’ai mandaté Patrick, coach de référence en matière de running au centre Chevreul Sport, en début d’année pour tenter de débrider un peu le diesel poussif que je suis.

Pour le LUT, on s’y colle donc 10 semaines plus tôt. Cela me paraît bien court pour une si grande progression mais on est sur un objectif intermédiaire, même si je ne connais pas encore l'objectif majeur au moment du passage de mon test VMA !

 

Dimanche 13 avril

Bouffées d’émotions

Co-voiturage au départ de Meximieux avec Jérôme (ben oui, y'a plus qu'une voiture à la maison !) avec ambiance bon enfant, et en 30 mn nous voilà rendus. A l'approche du lieu du crime, petite montée de stress comme à la bonne époque des compet aviron ! Et puis un petit pincement en face du tunnel de la Croix Rousse...

Je laisse mes compagnons de voiture se mettre en place et file retirer mon dossard. A contrario des mes habitudes, je ne suis pas survoltée à mon arrivée aux Terreaux. Michel est omniprésent, sur beaucoup de lèvres et dans cette longue accolade avec ma belle "boucles brunes".

Le décor est planté.

Je voulais courir pour Mimi, il m'accompagne sur mon porte gourde, me voilà pleinement investie de ma mission.

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Are U ready ?

Je retrouve ma bande de joyeux lurons et surtout mon GPS humain de luxe. C'est qu'avec Jean Phi, point de si ! Une forme pas très convaincante, la tête pas franchement dedans et le voilà qui annule sa participation au marathon d'Annecy. Mais il garde son programme et sortie longue prévue ce jour pour lui.

"Dis-moi Jean Phi, 36 km en 4h, c'est du long coolos pour toi ? ". Et zou, de la sortie encouragements aux potes en course, le voilà qu'il me propose sans trop de tergiversations de m'amener à mon objectif. Le duo met au point sa stratégie lors des dernières séances d'allure de mon plan ! Surtout qu'il me dit "les 4h, tu les as dans les jambes". Moi j'ai vachement envie de le croire et surtout je lui fais confiance !

Jean Phi, en retour du buff brut de Fleurs qu'il reçoit pour sa mission de m'emmener en 4h, me tend un plan de course millimettré un fois nos dossards accrochés, prêts à nous échauffer. Et je j'te marche dans telle montée, et que j'te trottine dans telle autre, et que j'relance à 12km/h sur le plat... Wahou ! Quel pro ! Je ne regarde pas longtemps ce profil accidenté et lui dit "je sais ce que je veux, tu me dis ce que je dois faire, je te suis".

Jean Phi does act !

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Petit échauffement avec mon GPS, Thomas et Coco 38, vidage de vessie entre 2 voitures sous les fenêtres des autochtones et hop, je profite d'un bisou à Romain pour rentrer dans le sas par l'avant avec mes accolytes. Y'a du placement ! Nous voilà avec les cadors et surtout tout un tas de tête connu ! Parfait pour étendre Mamanpat ! des bisous et des blablas en veux tu en voilà avec JP, Laurent, Matthieu, Jérôme... Qu'est-ce qu'on fait un beau sport !

Eric se déchaine au micro et voilà la horde lâchée comme pour un 10 km au taquet !

 

Act 1 - Tout en maîtrise, facile

L'avantage du LUT, c'est qu'on connait le parcours quasi par coeur. Le tunnel de la rue Terme est juste une horreur pour moi qui ne sais pas démarrer en D+. Gérer.

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La grande descente qui s'en suit est un terrible piège. Ne pas s'emballer, préserver les cuisses.

La Grande Côte et ses fausses marches, facile à courir, ne pas croire que ça facilitera la suite.

Puis derrière, faut relancer !

Voilà les consignes de début de course : se préserver en montée et en descente mais en gardant un bon rythme et relancer à 12 km/ sur toutes les portions roulantes.

Tout s'enchaine facilement : Carmes Déchaussées, Nicolas de Lange (avec notre bouffon de service et la Biscotte grillée à l'ambiance, l'Ultra Boucle de la Sarra, faut pas manquer ça ! Ndlr : le 17 mai !).

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Descente par le jardin du Rosaire, remontée sur un bout de Gourguillon, bords de Saône, Choulans, Fontanières et rapidement le premier pointage à Sainte Foy (juste après le bisou à Alan en fervent suppotrer !) en 1h09. 10 mn d'avance sur l'an passé !

La relance est aisée après cette grande montée et je perds mon GPS en route, resté tailler la bavette ! Le voilà qui revient à ma hauteur après un bon fractio, il n'avait pas vu que j'avais filé sans stop au ravito ! 

Je ne parle pas beaucoup, concentrée que je suis sur mon objectif du jour, mais n'en rigole pas moins ! Néamoins, mon sourire reste présent et je ne manque pas de jeter quelques conneries de ci de là !

 

Act 2 - Courir en montée, facile...

La traversée de Ste Foy / La Mulatière se fait tout en relance. Le rythme en bon, Jean Phi ne cesse d'être optimiste et de me donner des indications encouragantes.

Les points de vues sont superbes avec ce temps dégagé et clément. Finalement il ne fait pas si chaud et sur le hauteurs nous avons même un petit air frais.

Reprise de Choulans, en descente puis remontée sur Fourvière par les Tourelles. OMG ! Jean Phi me fait courir dans la première partie !

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Grandes enjambées, montée du télégraphe sur le même rythme et traversée du théâtre antique de Fourvière.

Nous retrouvons notre circuit UBS (Ultra Boucle de la Sarra, le 17 mai !) et pointons au ravito de l'esplanade en 1h58. Mi-parcours, le plan de course est respecté à la minute mais y'a pas vraiment de marge...

Jean Phi m'indique qu'il ne va pas falloir ralentir désormais. Je sens qu'il s'inquiète car je ne dis rien mais à chaque connerie qu'il fanfaronne, je ne manque pas de ma marrer voir de sursauter ! (Non mais sérieux, tu m'as fait peur 2 fois à crier de la sorte !). Ca m'occupe et ce n'est pas forcément du goût des concurrents que nous passons... (car le rythme maintenu nous permet désormais de lâcher ceux partis peut-être un peu trop vite).

Piste de la Sarra et escaliers du même nom en montée. Oh que je les redoute ceux là ! Mais le sketch de Jean Phi me fais oublier les marches gravies ! 

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En haut, pas de repis, tout de suite en relance. Je sens que ls jambes se durcissent et que je risque de bientôt souffrir musculairement... Descentes, montées sèches, descentes et une grande relance pour attraper la montée Hoche qui va nous amener sur Caluire. Au passge, les premiers concurrents du 23 nous doublent et j'ai droit à une petite tape d'encouragement de Jérémy (Pouge). Solidartité ex rameurs !

 

Act 3 - Courir même dans le dur, ne rien lâcher...

Ces marches conviennent assez bien à mes petites jambes, single le long des Esses (avec une belle gamelle d'une féminine - Une de moins dis-je à Jean Phi qui me trouve vache. Oh ça va, je fais de l'humour, c'est plutôt bon signe !).

Jardin de la Cerisaie, la montée commence à me faire souffler fort. Relance aux Chazières, je m'accroche aux running de Jean Phi, tape dans la main d'Alice et descente raide dans Niepce où Jean Phi doit me contrôler en me stoppant avec le bras ! (Plus rien ne m'arrête !). Se préserver, encore un peu...

Je sais ce qui m'attend et les jambes commencent à couiner. Yprès marque une pseudo "rupture".

Je dois relancer dans cette montée, mais à une reprise je ne le pourrais pas, mon ischio gauche se rappelant à mon bon souvenir. Se préserver.

Puis dans la première à 24 %, La Rochette, je vois bien que Jean Phi me soutient maintenant pour que je ne lâche pas. Je commence à avoir du "carton jaune", celui accrocher à mon porte gourde, pour que je sers les dents.

Ravito, je remplis la gourde et file... sans mon lièvre ! Il me récupère plus bas, encore une fois hilare, moi un peu moins. J'ai profité de cette descente dans le bois de la Caille pour envoyer et ça fait du bien de le faire en chemin !

Relance pour aller rejoindre la montée de l'Eglise. Dans cette longue montée, mains sur les genoux - oh hisse la saucisse ! - je crois que Jean Phi a cru qu'il me perdait jusqu'à ce que les quelques échanges avec un compagnon de course me fasse crier "vive les testostérones !" (private joke !).

Pointage en haut en 3h13. Il nous reste 45 mn pour passer l'arche dans les temps. Jean Phi me booste incroyablement mais y croit-il encore ?...

Il faut traverser tout le plateau de Caluire, rue Coste, voie verte. Je souffle fort, très très fort. Je suis dans le dur et m'accroche tant bien que mal au rythme que m'impose désormais Jean Phi. "Reviens à mes côtés !".

On double Polo perclut de crampes et avec une petite crampe l'invite à repartir. Le poids des gestes...

Descente sur les quais du Rhône par la montée des Soeurs (lesquelles, je ne sais plus..) et là, je ne retiens rien !

Relance sur les quais, là c'est franchement hardos. "Ne reste pas derrière moi !".

Nous sommes attendus avant Soulary à 11h10 mais nous avions zappé une volée de marches. Celles là me font vraiment mal à la gueule, y'a pas d'autres mots, et la relance qui suit nous amène à Cocorosinette qui nous attendait donc pour 11h10, il est 11h12.

 

Act 4 - Cours ou crève ? Trop dur mais je cours !

Je pousse un gros juron dans le relance en descente qui suit, besoin d'exulter. Jean Phi, sans me crier dessus, m'encourage de manière très virulente et joue avec ma resistance. Il ne me fait pas de cadeaux et c'est bien comme cela que je l'entendais !

Soulary arrive mais par le côté. Quel soulagement - relatif - de ne pas avoir à prendre les 2 premiers paliers d'escaliers trop hauts pour mes courtes jambes ! Les marches suivantes sont longues et basses, j'en bave un max mais j'ai l'impression d'être en marche rapide plus qu'en escalade au moins !

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Encore une relance, j'ai l'impression que mes poumons vont sortir de ma poitrine ! Les cartons jaunes se succèdent, peut-être même la menace d'un carton rouge quelque part par là !

Puis dernière grosse difficulté et pas des moindres, la montée Coquillat et ses infâmes marches à la verticale. Mode rambo : les mains sur les genoux, la tête dans les marches et le cul... au ciel ! Purée quelle allure je dois avoir ! Et quelle vue les concurrents derrière moi !

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Jean Phi se marre et prend des photos, déconne avec Seb et Jano postés là en haut et moi j'arrive à bout, l'écume aux lèvres... et Jean Phi me fait relancer sans répis !

Il ne reste que quelques minutes pour atteindre le graal. Derniers escaliers et ruelles en descente mais au milieu des concurrents des 12 et 23 km. Jean Phi fait le bélier et hurle littéralement. Sur moi, sur les autres, j'avoue que je ne sais plus trop mais je remets bien quelques visages stupéfaits de me voir débouler avec mes cris de cochons qu'on égorge ! C'est que depuis le plateau de Caluire, je fais un bruit de diesel qu'on fait rouler en sur-régime !

On se faufile, je tente d'éviter les trottoirs, les voitures ou autres plots et nous voilà sur la place de l'Opéra.

Je ne vois plus rien ! Et juste quand je lève la tête je vois ma cahouette qui m'encourage pleins poumons ! C'est dingue ! Elle me pousse dans la cour de l'Hôtel de Ville. Mimi est dans ma main depuis la dernière descente, j'ai encore la lucidité de poser pour lui tout en gardant l'aspiration de Jean Phi juste devant.

Les marches et délivrance, passage de l'arche !

 

Act 5 - Quand on veut on peut !

Je bip : 4h00 et 28s. Je suis juste... morte ! Naaaan, je suis juste heureuse !

J'enlace chaleureusement Jean Phi sans qui je n'aurais jamais réalisé ce chrono et qui surtout a cru que j'en étais capable ! Good job GPS ! Un GPS de luxe toutes options ! Presque il court pour vous !!! Mille mercis !

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Il est temps de prendre du bon temps autour d'une bonne bière fraîche, que dis-je, de 2 bières fraîches !

Une à la table de mes Brut de Fleurs : Christine, Cécile, Alex, Elsa, Elisa accompagnées de Martine et son chéri et surtout du mien venue exuperès pour mon arrivée (et me ramener à la maison !).

Une autre avec les kikous : Jean Phi, Thomas, Arthur, Bonnemine (qui se voit dotée d'un beau buff Brut de Fleurs, n'est pas la femme du chef qui veut !), Jano, Sebounet.

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Avant il aura fallu escalader la table des bénévoles pour récupérer mon sac (aie aie aie !) et saluer et bisouiller quelques connaissances croisées que trop rarement ! (promis, la prochaine je bois une 3ème mousse avec vous Jérôme et Matthieu !). Je m'enquiers de l'arrivée du mon Jéjé méximiard, il ne m'en veut pas et me remercie même de l'avoir entraîner dans cette belle galère !

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Et tous les autres, tellement contente de ces rendez-vous qui permettent de tous vous revoir !

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On remet ça ?

OUI !

Le 17 mai pour l'Ultra Boucle de la Sarra !


 

Publié dans Les compétitions

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