Transju’ Trail 2010 : « Jura qu’on ne l’y prendrait plus » … ou peut-être en 2011 !

Publié le par Mamanpat

Inscrite au calendrier des Brut de Fleurs après que l’idée nous ait titillée de participer au challenge Transju (Transjurassienne + Transju’Trail), cette course qui emprunte le tracé de sa sœur hivernale (les 2 sont proposées par Trans’Organisation), fera l’objet de mon premier objectif majeur 2010.

  trail2010 affiche pm

Zazou notre présidente se lance dans l’aventure sur la version 34 km, accompagnée de son cher époux, néanmoins rameur fou (aussi…).

Une grande première pour nous 2 puisqu’il s’agit de nos plus longues participations (en durée, assurément !).

 

Par simplicité et convivialité, nous réservons un dortoir dans un centre de vacances de Lamoura, partenaire de l’épreuve, sur le lieu même de l’arrivée, d’où des navettes nous acheminerons aux points de départ.

 

Nous nous y retrouvons le samedi, quasi synchronisés après un passage à Morez pour le retrait des dossards. Il est 19h00, le temps de poser nos sacs de sports sur les lits, et nous mettons les pieds sous la table de la cantine.

 

Couchés à l’heure des poules du Haut-Jura (mais pas des retraités en vacances !), nous passons une nuit agitée dans la perspective de l’effort du lendemain, des portes fenêtres qui s’ouvrent et se ferment (Tiens Rod a chaud puis y’a trop de bruit, puis chaud, puis trop de bruit…)… Heureusement le campeur du parking a cessé de jouer de la cornemuse… Pas vraiment typique !

 

Le réveil à 2h40 n’est pas si rude, j’ai l’impression de ne pas avoir dormi et de péter la forme ! Pourvu que ce soit le cas pendant toute cette longue journée qui m’attend…

 

3h00 : Bien peu de coureurs pour le petit dej tip top du centre. Un grand buffet est à notre disposition avec tout ce qu’il faut pour un petit déjeuner sportif. Un thé, un bol de céréales, un yaourt, un kiwi, un p’tit kawa pour Mamanpat et y’a plus ka…

3h30 : je m’installe dans la navette, que de monde ! 3 se suivent, toutes presque pleines ! Le MP3 sur les oreilles pour un réveil tonique mais les yeux fermés pour la concentration.

4h30 : arrivée à Mouthe. Tout doucement, tout le monde se réveille, s’ébroue, finalise sa tenue, les derniers dossards sont distribués, épinglés. J’assiste à une petite cérémonie à huis clos ou peu de têtes connues se présentent à moi.

5h30 : c’est un départ intime, confidentiel et presque religieux car beaucoup de foi et de ferveur animent les 320 concurrents. Il fait beau, il fait bon (13°) et 70 km nous attendent…

La première partie du parcours est plutôt roulante, des faux plats, des champs de vaches, des mini bosses mais tout se court (ou presque !) jusqu’à l’arrivée au pied du tremplin de Chaux Neuve, passage ludique et spectaculaire où hélàs l’ami (jeu de mot…) Jason n’est pas présent !

 tremplin chaux neuve

7h30 : je viens de passer le premier ravito de la Chapelle des Bois qui annonce la montée de la Roche Champion, environ 3 km qui nous font bien suer mais qui nous offre un magnifique point de vue au sommet. Que c’est beau tout ce vert !

  chapelle des bois

9h00 : me voilà à Bellefontaine, première barrière horaire sur laquelle je n’ai que 30 mn d’avance. Il m’aura fallu 1h30 pour parcourir les 9,5 km depuis la Chapelle et j’ai un premier coup de mou. Le profil de la course est terriblement lissé pour mes jambons campagnards et c’est en fait des mini montagnes russes : ça ne fait que descendre puis monter, redescendre pour remonter ! De ce ravito, il faut repartir en faux plat montant sur goudron avant d’entrer dans un sous bois aux allures lui aussi de montagnes russes. Quelques gouttes de pluie n’arrangent pas mon petit moral…

Après les Trois Commères, nous amorçons une grande descente technique puis plus roulante jusqu’à Morbier où je ne m’arrête pas malgré l’odeur alléchante du Comté et du Morbier ! Le cadre est bucolique et après une jolie grimpette en single en sous bois, me voilà perchée au dessus de Morez alors que les cloches de l’Eglise sonnent 10h annonçant par la même le départ du 34. Peut-être vais-je pouvoir récupérer les derniers !

Que neni…

roche%20au%20dade morez

10h50 : terrible et interminable cette portion jusqu’à Morez ! Dire qu’il n’y avait qu’à piquer tout droit pour y arriver ! Mais quelques tours de manèges c’est plus drôle assurément (pour l’orga seulement !!!!). 2 murs dont l’ascension du Belvedere de Morez, objet d’une magnifique Via Ferrata avec échelles et cordes ! On passe par la face escalade, heureusement que j’ai les bâtons !

Ces verres de coca tant convoités sont doublement mérités ! Je prends une dizaine de minute et repartir est un calvaire… Je suis déjà cuite et j’ai encore 31 km à parcourir… Mais la tête vaut aujourd’hui aller au delà, au bout de ce défi et prendre une revanche sur le Nivolet. Pas de questions à se poser ni d’hésitations.

Le gros morceau du parcours se présente avec ses 5 km de montée en continu. Le soleil m’accompagne pour cette longue ascension, difficulté majeure du parcours mais en sous bois. Je reprend du poil de la bête et avance sûrement. Au sommet au Gros Crête, la vue est superbe, dommage qu’il y ai tous ces cailloux qui m’obligent à regarder où je mets les pieds ! Mais je ne pense qu’aux Rousses où je pourrais à nouveau boire frais… De plus ça descend tout le long ça va aller "vite" (façon de parler !). J'en profite pour trouver un petit coin wc nature pour soulager ma vessie, ça tape en descente. Mon groupe de yoyos en profite pour passer, pas de souci je vais les rattraper. Tu parles Charles...

Voilà que je me prends un point de côté, après 7h de course ! Est-ce cette vidange orange fluo qui a perturbé mes boyaux ???

13h30 : Les Rousses, du thé frais et direction Prémanon pour le coca ! Voilà les leitmotiv qui me font désormais avancer. Il fait chaud et humide, le vent est tiède et les jambes ne sont plus que les marionnettes de mon cerveau.

les-rousses-1

La deuxième longue bosse de la 2ème moitié est amorcée avec sa dernière barrière horaire à Prémanon à 15h30 soit 10 heures de course.

14h34 : me voilà à Prémanon à vider les bouteilles de Pepsi. J’ai une petite heure d’avance sur la barrière horaire, j’ai déjà vaincu ça ! J’ai également dépassé mon temps de course jamais atteint, ma seule obsession est maintenant d’en finir. 16 km restent à parcourir avec encore de la grimpette. Bonne surprise, elle n’est pas si rude et plutôt roulante avec une bonne portion de goudron qui n'est pas pour me vexer (toujours ça de fait en courant !). Courir, courir, courir tant que le terrain me le permet, mon cerveau ordonne à mes jambes de la faire sous peine de représailles sévères, il est dans le même état d’esprit que ce ciel noir qui gronde pas si loin… Pourvu que j’arrive avant ! Un bénévole me fait bifurquer à 90° m’indiquant que je part à l’opposé et que je devrais y échapper ! J'en profite pour lui piquer un peu d'eau, je suis à sec ! Incoryable mais vrai !

centre-premanon-grand

Une jolie bosse encore qui me fait croire que c’est l’avant dernière du profil mais ça ne colle pas avec le kilométrage indiqué par mon GPS. J’arrive alors au tunnel du Boulu et sort ma petite carte plastifiée, ce nom me dit quelque chose… Les 2 dernières bosses arrivent… Dernier ravito liquide, un peu d'eau dont la moitié part à côté de ma bouche, j'ai la tremblotte ! 

En guise de bosse, nous avons droit à une piste de ski drè dans le pentu. Je n’y arrive plus et je suis pourtant de tout mon poids sur mes bâtons. Comment ma Zazou s’en est-elle sorti sans ??? Allez, je m’accroche sous les encouragements du concurrent que j’avais embarqué peu avant. Quel magnifique solidarité le trail…

Un champ de vaches et me voilà nez à museau avec l’un d’elles, pattes avant fléchies, prête à bondir comme si j’allais l’attaquer ! T’inquiète ma grosse, je n’en ai pas la force ni celle d’ailleurs de changer de route !

vache comtoise

Joli point de vue sur le lac avec l’arche d’arrivée… Elle est là tout prêt et pourtant si loin… 2 km encore, tout se même et s’emmêle. La fatigue se manifeste par des nausées, près de 4 heures que je ne peux plus avaler de solide. C’est plat et je n’avance plus qu’en m’aidant des bâtons et en marchant. Heureusement une coureuse avec qui j’ai fait le yoyo me rattrape et hop un nouveau petit coup d’entraide qui va bieng. Elle me fait repartir en courant et prétextant que la pluie qui vient de commencer va nous refroidir sinon !

Pas de dernier mur finalement, quelle joie de voir plutôt un dernier passage rendu très glissant par la pluie et cette arche à portée de bâtons. L’émotion me prend à la gorge, je suffoque, je vais passer la ligne d’arrivée, j’y suis arrivée.

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Je me retrouve en position de prosternation, l’émotion me submerge à chaudes larmes, le speaker me félicite et s’inquiète de savoir si tout va bien.

Tout va très bien SGO (Super Gentils Organisateurs) ! Vous nous avez offert un parcours somptueux qui n’a d’égal que la qualité de votre organisation et votre bienveillance.

11h35 pour venir à bout de ce parcours de 70 km et 2800 m de D+ (214ème au scratch /231, 320 partants ! 17ème féminine).

"Patience, longueur de temps ET courage font plus que force ni que rage"

Pour moi en ce 6 juin, cet adage aura été plus que jamais de circonstance. Je suis allée au delà des limites que je me connaissais, je n'ai pas flirté avec elles, je les ai palpées, malaxées, empoignées... C'est une très grande satisfaction de passer outre la fatigue et surtout la douleur physique, musculaire mais je reste impressionnée par ce que la tête est capable de faire faire à son coprs quand celui-ci crie pourtant stop.

Avec 15 jours de recul, je réalise à quel point ma préparation a été porteuse, dans l'élaboration du plan mais aussi et surtout dans le respect de périodes de repos alors que la fatigue étant très présente, et pas que physiquement.

Pas un seul petit bobo mécanique ne m'aura perturbé durant cette journée, là aussi la préparation était réflechie. Le renforcement musculaire associé au trail me fait conservé des cuisses de rameuse et me pourvoie de fesses de sprinteuse black mais au moins tout reste gainé et bien en place !

Par contre, pas besoin de recul pour me dire que plus en distance et en dénivelé, ce n'est pas encore pour moi ! Ou alors avec une somme de travail dont je n'ai pas envie d'assumer le volume.... Tournicoti, tournicota c'est rigolo mais ça fiche le tourni !

Alors pour l'heure, repos, coupure CAP et reprise sérieuse au retour de congès en juillet !

Objectifs du 2ème semestre à définir d'ici là mais mes idées sont assez arrêtés !

Petite vidéo d'un concurrent - plus rapide, cela va de soi ! - pour l'ambiance et quelques paysages...

Tous les résultats sur le site de la Transju.

Publié dans Les compétitions

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Taz le Diable 17/07/2010 07:36



Je sais, je suis à la bourre !!!!


Tu sembles vraiment avoir puisé loin dans ton physique, mais tu as pris du plaisir quand même et tu as rejoint la ligne d'arrivée sans bobo, alors Enjoy ;)


Au plaisir de se revoir un de ces 4. @+, Le Tazounet :P



Arthurbaldur 25/06/2010 10:57



Aller, repose toi bien. Refais toi un physique et un mental/envie tout neuf. De toute façon, décembre c'est encore bien loin ...



Pat 25/06/2010 08:27



Mais je suis convaincue que je peux la faire cette ballade entre Lyon et Lyon en passant par St Etienne et j'en ai envie de surcroit ! Mais là, cette année je ne m'en sent pas le courage.


Comme tu dis Yan, plaisir avant tout et je ne veux pas faire de ma reconversion une contrainte. Je suis vraiment très satisfaite de ma Transju mais elle m'a achevée ! Beaucoup de
fatigue et de pression accumulées avant et depuis presque 3 semaines, je n'ai jamais été autant HS du haut de mes... 28 ans !  Le moindre escalier me fait mal aux jambes, mes nuits de sommeil sont lourdes et trop courtes, j'ai continuellement mal à la tête et
j'ai des yeux de basset tellemet je suis épuisée !


http://www.infomascota.com/comunidad/album/data/media/1/basset_hound.jpg 


Je mise sur un mois de repos quasi inactif pour retaper la bête !


Merci à vous en tout cas et t'inquiète Arthur, je retrouverai vite la forme pour te "maraver" !


 



Arthurbaldur 24/06/2010 23:01



Merci Yann, j'ai cru un instant que tu allais me casser la baraque ...



yanshkov 24/06/2010 21:37



Bravo Pat tu t'en es sortie en championne de cette longue et difficile aventure jurassienne !! Récupère bien maintenant avant de repartir sur une nouvelle épreuve . Et moi je suis de
ton avis : pour allez plus loin et plus haut en prenant du plaisir, il faut commencer à en prendre sur du plus court et du moins haut ... C'est bien le plaisir le principal non ?


ps : mais je ne doute pas que tu puisses te régaler entre Lyon et ........... Lyon avec Arthubaldur un week-end de décembre (c'est bien de ça qu'il s'agit non ??)