SaintéLyon 2014 : 9h18 de bo(u)nheur !

Publié le par Mamanpat

 A Michel...

 

Emportée par la foule...    

... qui nous traîne, nous entraîne
Ecrasés l’un contre l’autre
Nous ne formons qu’un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse enchaînés les uns aux autres
Et nous laisse tout boueux
Epanouis, enivrés et heureux
Entraînés par la foule qui s’élance et en transe
Une folle farandole
Nos deux pieds restent soudés
Et parfois englués
Nos corps endoloris s’envolent
Et restent toujours boueux
Epanouis, enivrés et heureux

 

5 550 coureurs au départ de la SaintéLyon, formule 72 km solo ! 

Aucun doute, la doyenne française est LA course de fin d'année. Qu'elle soit l'objectif fort ou pour clôturer une saison, à faire au moins une fois pour savoir pourquoi elle anime autant les foules ou comme le défi sportif hors norme pour tout être humain un tant soit peu équilibré !

Car cette SaintéLyon 2014 a encore une fois tenu toutes ses promesses ! Plus de 600 coureurs restés sur le bord du chemin en sont les témoins. 

Déjà courir la nuit est à l'opposé de ce que le corps a l'habitude !

"Non mais quelle idée ?" vous répète-t-il tout au long de votre parcours, "tu te rends compte que d'habitude je suis allongé et suis en train de rêver à la bonne dinde qu'on va déguster à Noël et aux cadeaux que je vais ouvrir au coin du feu ?".

Et tant qu'à faire, courir de nuit avec une bise qui vous glace les os ! "Eh oh ! Normalement j'ai juste un p'tit boxer sur les miches et suis blotti sous la chaleur de ma couette en plumes d'oie !"

Rajoutez-y un terrain détrempé suite à de recentes intempéries et vous obtenez un sacré bourbier digne des tranchées d'antan ! L'option thalasso était cette année incluse dans les droits d'inscription ! Cadeau ! Pas sûr que ce soit celui qu'avaient demandé vos pieds ! "Déjà les ongles qui tombent ça commence à bien faire, t'as beau masquer avec ton fushia girly, tes pieds sont pourris ! Mais là, t'abuses ! T'aimerais avoir de la boue entre les dents pendant 2 jours toi ?!" 

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Bonne SaintéLyon by DBDB ! Bravo à toi Matthieu !

 

Mais alors pourquoi ?

Chacun sait - du 1er qui devra glaner ses lauriers au sprint et faire brûler ses cuisses et ses poumons au dernier pour qui mettre un pied devant l'autre sera un supplice au bout de 13h et devra descendre les derniers escaliers en marche arrière - que cette longue nuit peut-être celle d'une véritable descente aux enfers !

Une chose de sûre, personne n'a eu de couteau sous la gorge au moment de valider son inscription (enfin, je l'espère !).

Tout le monde a choisi de participer à cette aventure, personne n'est payé pour le faire non plus (enfin, si c'est le cas, ça m'intéresse !) et donc nous sommes tous conscients qu'il s'agit d'un loisir qui vient agrémenter notre quotidien (ce dernier tournant parfois souvent autour de la petite blague à réaliser, certes !).

A ces 2 mots, choix et loisir, il n'y a pour moi qu'une seule raisonnance, à l'unission : plaisir !

 

Mais comment mesurer le plaisir dans de telles conditions ?

 

Récit d'une nuit magique...  

 

2 idées force pour prendre du plaisir du départ à l'arrivée de la SaintéLyon : 

=> être convaincu(e) de ce que l'on recherche en faisant le choix de se lancer dans telle aventure,

=> se préparer physiquement bien sûr mais aussi mentalement.

 

Quel était mon objectif pour ma 8ème participation consécutive à la SaintéLyon ?

Une chose de sûre, je voulais finir en beauté et ne pas renouveller les erreurs du Saint Jacques. Donc la performance est mise en second plan, sans être oubliée pour autant, elle me donnera quelques repères chrono mais pas d'entêtemet et d'affolement. Si elle est au rendez-vous sur la ligne d'arrivée, ce sera la cerise sur le gâteau.

Cet objectif, secondaire, c'est la SaintéLyon d'argent, donc moins de 9 heures, jouables à mon niveau mais en conditions sèches...

Je ne me rappelle plus si je l'ai déjà dit mais vous savez que je n'aime pas les terrains glissants (boue, neige, verglas), les cailloux (et les racines) et les descentes techniques ? Alors si les 3 sont réunis, COMBO !

Bref, jai fait un bon travail de vitesse cette année, si je peux concrétiser sur ma course adorée, jackpot ! Mais je souhaite avant tout composer avec ce qui nous attend !

L'objectif majeur est donc de prendre du plaisir, ne pas subir, physiquement mais surtout mentalement. Pour cela, j'ai un grigri Extra qui me suit depuis le LUT. Il accompagne chacune de mes foulées et toutes celles de cette Sainté lui seront/sont donc dédiées. Mon plaisir sera donc couplé aux informations envoyées par mes petits jambons et ce dès qu'ils couineront, un peu, beaucoup, passionnement, jusqu'à la folie !

Parc Expo Olivier Godin

Etre clair sur ses objectifs et se donner les moyens de les atteindre

Crédit photo : Olivier Godin

 

 

Comment s'y préparer ? A vos bloque notes !

L'avantage de multiples participations dans des conditons différentes est d'être parée à toutes situations et d'ajuster nombre de détails ! 

 

Le sol

J'appréhende cette boue... En 2013, toutes les courses du printemps ont été courues (enfin marchées) dans cette gadoue qui fait glisser, tomber et qui ralentit... Alors en hiver et de nuit, autant dire que je suis loin d'être sereine !

J'opte pour ne pas avoir cette attitude crispée qui me ralentit tant et qui surtout ruine les cuisses et fait que plus on est cripsé, plus on glisse et on risque de tomber ! Dans les descentes compliquées (Bois d'Arfeuille, Bois des Marches notamment) où les intemperies ont raviné ou englué, je décide de restée souple quitte à prendre plus de temps mais pour pouvoir relancer sans mal dès la sortie de la difficulté.

Côté bourbier, hors de question de me retrouver plantée dans des bouchons qui gavent et agacent à ne plus pouvoir progresser à son allure ! Les pieds seront mouillés et crottés, autant y aller franco dès le début ! Et puis si on ne veut pas de bains de boue, on reste sur des courses de route !

Ma position au départ m'aura permis d'évoluer avec des concurrents qui ne se posent pas de questions existencielles sur l'état de leurs pieds en fn de course et tout le monde a tracé droit dans le chemin !

Un apprentissage nouveau qui m'a beaucoup amusé (d'habitude je prends cette option en fin de course quand y'en a vraiment marre !) et moi aussi j'ai largement contribué à éclabousser !

La boue a été rencontrée dès les premiers chemins bien avant Sant Christo comme je l'imaginais, Arthur me l'a signalé à l'arrivée de leur aller, du coup aucune surprise.

La descente du Bois d'Arfeuille était plutôt facile, la boue donnait pile l'accroche suffisante pour ne pas glisser et le goulot de fin de descente, immonde de boue noire a été passée comme si de rien n'était ! Même pas eu à chercher le chemin du dessus !

La descente du Bois des Marches, recouverte de feuilles mouillées à l'aller, cachant cailloux et racines, ma plus grosse apréhension donc, a été largement labourée et "nettoyée" par les concurrents de la SaintExpress ! Du coup avec mes 2 puissants faisceaux lumineux, j'ai pu voir clairement où je posais les pieds sans crispation !

Par contre, il faut savoir que la boue, ça vous ruine musculairement ! Entre les trails qui restent collées au sol (quand vous sentez le talon qui sort de la chaussure, vous êtes contents d'avoir pensé au double noeud de vos lacets !) et les appuis fuyants sur les côtés, le mal de jambes qui s'insinue progressivement n'est pas celui dont on a l'habitude !

Dans l'haine ou niveau du psoas, ça tire fort pour récupérer ces appuis fuyants et décoller les pieds, c'est comme si vous montiez des escaliers ! Fessiers en béton armé assuré !

=> Bref, connaître ses capacités sur tout type de terrain, s'entraîner aux conditions qu'on ne maîtrise pas où sinon ne pas chercher et penser que cela passera comme sur terrain connu 

 

 

Le froid

La difficulté est de savoir comment s'habiller pour lutter contre le froid sachant qu'on aura forcément chaud au départ.

Je me suis fait avoir à quelques reprises, frileuse que je suis et d'une manière générale je me couvre toujours trop.

Je tente donc le minimalisme cette année : un bon thermique manches longues et un coupe vent (Speetrail Lafuma). J'ai ouvert la veste sur les premiers kilomètres car j'ai vite senti la température grimper là bas dessous. Sans oublier que le dossard fait aussi bien sauna !

Une bise glaciale nous attendait sur les hauteurs, les amis de la 180 ont bien subi à l'aller. Le coupe vent a permis de bien m'isoler et de ne rien sentir quand ce souffle froid venait embrasser mon petit cou tout chaud ! Hop, remontée de buff sur le nez, capuche sur la tête et surtout ne pas traîner ! Le froid n'aura donc pas pu faire son office sur mon ventre bien protégé !

Par contre, rèserves féminines obligent, j'ai les jambes qui craignent le froid, donc sous mon bon collant d'hiver, j'avais un boxer/cuissard en guise de dessous qui descend à mi-cuisses et les manchons de compression. Super combinaison, je n'ai jamais eu les jambes engourdies et mes muscles sont restés dispo... pour mieux couiner plus tard !

J'ai beaucoup jouer avec mes gants. Comme je ne crains pas des extremités quand je cours, je suis vite obligée de les enlever. J'ai donc du les enlever et les remettre une bonne cinquantaine de fois ! Parfois je les gardais à la main, d'autres, et pour finir, je les calais dans la poche filet de la sacoche de mon prote gourde.

=> Bref, ne pas rajouter ou enlever une couche au dernier moment, se laisser la possibilité d'ajuster cette couche pendant la course, ne pas attendre d'avoir trop chaud ou trop froid pour effectuer un changement. 

 

L'alimentation

Rien de nouveau sous le soleil, je ne sais pas manger en courant ! Je profite des montées pour boire et avaler quelques bouchées. 2 barres de céréales pour toute la course (une Isostar, bien compacte, énergisante et calante et une Na, bien sucrée mais naturelle et avec des graines pour le plaisir !). Côté boisson, de grands progrès, au moins 1,5 litre bu !

Le p'tit truc : je pars avec un bidon. Comme je suis du genre chameau, ça évite de me charger inutilement et c'est surtout plus simple à recharger. Jusqu'à Sainte Catherine, j'aurais bu seulement quelques gorgées de ma boisson iso maison mais que j'aurais pris soin de réchauffer dans la bouche avant d'avaler ! Pas de froid sur le ventre ni dans le ventre pour Mamanpat ! A Sainte Cath, je vide la moitié de ce qui me reste et complète avec du thé chaud au ravito. A Soucieu, bidon vide que je recharge de nouveau en thé chaud après avoir bu quelques gorgées directement à la gourde.

Note pour plus tard : tester le gel hyper caféiné sur les conseils de Barba Stuck (au détriment de vos tympans à l'arrivée, effets secondaires sur la fatigue assurés parait-il !)

=> Bref, ne jamais tester un aliment quel qu'il soit le jour de la course, ne pas manger ou boire trop chaud ou trop froid, s'habituer à boire et manger à l'entraînement (lors des sorties longues notamment), ne pas se gaver avant la course sous prétexte de faire des réserves (sauf si vous êtes un estomac sur pattes !) et toujours garder avec soi un petit quelque chose entre 2 ravitaillements. 

 

Allez, on prend ses potes sous le bras, on enfile son beau dossard,  on accroche son plus beau sourire et c'est parti !

 

Dés J-3, planquez-vous !

A chaque personne croisée ayant un rapport plus ou moins direct avec la SaintéLyon, mon double hyperactif prend le dessus et c'est gestes incontrôlés et volume sonore amplifié... Désolée, je crois que j'en ai une énOoorme envie !

Du coup le trajet Meximieux - Saint Etienne vaut son pesant de cacahouettes, seuls les coups de frein de la soeurette au Minion seront en mesure de freiner mes coups d'euphorie ! Par contre sur le quai de la gare à Lyon Part Dieu, aucun doute, je reprends le dessus !  

Au Flore, lieu de rassemblement des kikous, rien ne s'arrange mais que c'est bon d'être maintenant pleinement plongée dans l'ambiance ! Et quelle ambiance avec ma table de pièce rapportées (le Jéje, Stephane le beauf qui court aussi vite qu'il déconne, Talos le voisin qui je n'ai jamais croisé, Fabi mon kiné et son compère, Béné et sa minette pour se rappeler que cela fait déjà 7 ans que j'appartiens à cette belle communauté). Quand cette bande en a eu marre de moi, je n'ai eu à faire qu'un quart de tour pour me retrouver avec les oufs lyonnais présents (ils se reconnaîtront !) pour rester sur une note de joyeuseté. Un p'tit bug hup à l'arrivée de nos barrés haut du collier de la 180, quelques infos sur l'état du terrain et surtout leur état de santé (physique, mentale ils sont irrécupérables !) et les laisser se reposer.

Que le temps passe vite en bonne compagnie !

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Mamanpat et ses Minions !

 

"Eh oh Fabi, arrête de dormir, je veux mon strap fushia moi !". Sacré boulot du kiné suite à mon Saint Jacques avorté. L'était toute cassée Mamanpat d'avoir mis de côté étirements, renforcement musculaire, hydratation... Mais là, tout est ok, juste cet ischio gauche un peu sensible, alors on consolide... toujours dans la bonne humeur ! 

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Tenues de combats enfilés, encouragements de rigueur, une tape sur les fesses et hop, les sacs dans les camions, direction Lyon !

Un petit tour dans le parc expo s'impose avant de rejoindre la ligne de départ, c'est que je veux le bisou de mon speaker préféré ! Je croise peu de monde mais quelle folie là dedans et surtout quelle chaleur !!! Obligée d'ouvrir le coupe vent pour ne pas suffoquer ! Je suis interpellée une ou 2 fois et surtout par la bande des speedy lyonnais venus en force pour Arnaud, dossard 50, coaché par Patrice, Alan et Olivier. Ca rigole pas ! Une p'tit photo et on file sur la ligne avec Arnaud et nos dossards 50 et 46 nous donnant accès directement au sas élite !

Parc Expo Olivier Godin 2

Avec l'avion Arnaud qui aura connu un atterrisage forcé. Crédit photo : Olivier Godin

 

Alors ça, j'avoue c'est la grande classe ! Je sais que je ne suis pas à ma place mais pourtant j'y suis trop bien ! Et surtout une fois les pieds dedans, plus aucune appréhension ! Envolée la peur des descentes piégeuses et du bide en vrac (il me fait souci depuis 10 jours, une gastro a tenté de s'y installer !), juste envie de m'y coller ! Il semblerait d'ailleurs que cela se voit !     J'ai une de ses bananes moi ! En attendant, un p'tit micro sous le nez et dis bonjour à la caméra, ça me va ! 

Le bisou à Eric, enfin, quelques Extra boys et je piétine en regardant les vrais élites s'échauffer par petits aller-retour sur le devant du parcours. "Bon, c'est fini oui, je veux mon power bisou moi ! ". Enfin les voilà, Maud, la jolie Sissi et mon binôme ambassadeur ! Embrassades enjouées, regards complices, encouragements sincères, aucun doute, ça pue l'envie d'en découdre et de s'éclater !

Lâchez-nous, on veut y aller !

     Départ Sébastien Nicollet AB

Sont fous de s'échauffer ! 72 km, on va avoir le temps !

Crédit photo : Sébastien Picollet AB


U2 à fond, flash qui crépitent et PAN c'est parti pour une nuit de folie !

Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait
Et tu tapes c'est ta façon d'aimer
Ce rythme qui t'entraine jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie

 

Partir à bon rythme, celui là je le maîtrise maintenant et je m'y cale naturellement, soit 11,5 km/h de moyenne. Evidemment, c'est parti comme des enragés devant (m'en fous, j'avais pris soin de faire repasser la grandes paires d'échasses de Barba Stuck devant moi pour ne pas le gêner !) et je me fais doubler par un flux continu mais moins que les autres années, effet vague 1 limitée à un millier de coureurs ? Quoiqu'il en soit c'est un sacré avantage car tous mes potes (c'est dingues ce que je connais comme F1 en trail moi !) me doublent en m'interppelant à coup de "Oh mais C'est Pat !", "Salut Mamanpat !", "Patricia ?". Je pourrais ainsi saluer et échanger quelques mots avec entre autres Eric, Xavier, mister DBDB (dans sa bulle !), Stéphane...

J'adore, je me sens bien, j'ai vraiment l'impression d'être à la maison et puis quelle ambiance sur les bords de route et de chemins ! L'arrivée en Sorbiers en 37 mn, check, rien vu passer ! Et en quelques encablures nous voilà rentrés dans le vif du sujet avec les premiers chemins boueux à souhait.

Je me fais encore doubler mais rapidement cela se stabilise, je gère la température corporelle, ma foulée et cours, cours, cours... Tiens je devrais peut-être alterner un peu en montée pour me préserver non ? Il m'aura fallu arriver dans le grand lacet avant Saint Christo pour me faire cette réflexion, que mes jambes vont bien !

Le vent glacial s'invite, j'ouvre, je ferme le coupe vent, je progresse sans être gênée ni gêner, je passe tout droit et ça passe.  

Saint Christo en 1h37, parfait mais même si 1h40 était pointé pour 9h à l'arrivée je ne fais que constater, il ne s'agit là que de l'échauffement ! Je zappe le ravito, trop tôt pour recharger, mais la tente est quasi vide. Le système de vague semble de fonctionner.

Tout continue à rouler jusqu'à Sainte Catherine où j'arrive en 3h07 (7 mn de retard), les appuis sont glissants mais ça court pas mal, les relances sont aisées et la descente sur Sainte Catherine se court super bien ! Chouette ! Ambiance survoltée, je me faufile et perds un peu de temps à trouver les boissons chaudes. Hop un remplissage au thé bien sucré et ça repart. Dehors je prends quelques secondes pour étirer les ischios et c'est parti pour les bains de pieds.

J'avoue qu'avec le parti pris d'y aller droit dedans dès le dép art, la fameuse grosse flaque d'au dessus de Sainte Catherine est passée inaperçue. Oh oui, j'ai bien mis les pieds dans la boue et l'eau gelée mais sans réellement m'en apercevoir. Il faut dire que j'évolue donc dans la première partie de course et qu'ici, personne ne cherche à éviter quoique ce soit, ça court, point barre !

J'ai bien économisé ma frontale depuis le départ mais je savais qu'elle faiblirait par là, et juste avant d'entrer dans le bois d'Arfeuille, quasi plus rien. Hors de question de renouveller l'erreur de 2012 à utiliser juste la seconde pour ne pas s'arrêter. Je prends quelques minutes le long du chemin pour changer calmement mes piles. La descente du Bois d'Arfeuille arrive, je veux du plein phare ! Et ce fût le cas avec la satisfaction d'aborder sereinement et assez facilement la descente finalement pas si glissante et son goulot d'étranglement à la sortie, les pieds dans la glaise jusqu'aux chevilles mais toujours en courant.

Je suis en tain de devenir une vraie pro de la Mud Day ! Et zou, la montée d'Eteillé. Celle là, je savais qu'elle allait piquer, de diou, c'est pas peu dire ! Elle est surtout carrément longue ! Mais au bout y'a une ambiance du tonnerre avec l'équipe organisatrice des Coursières !

Saint André la Côte est juste là, un petit single en bas de route pour y accéder (sans grand intérêt à mon goût, seul point où cela aura un peu bouchonné et surtout dangereux avec ses barbelés alors que le chemin est en dévers ultra glissant).

Descente du Bois des Marches, ma bête noire mais point après lequel il faudra gérer uniquement le physique et plus le technique ! A ma grande surprise, déjà les feuilles ne recouvrent plus le chemin et c'est tant mieux, et les coureurs de la SaintExpress ayant bien labouré, on voit les cailloux et branches poindre sous la boue ! Et voilà t-y pas que j'te descends ça en doublant et presque relachée ! (presque car je commence à sentir que ça tire dans les quadris !).

Trop contente la Pat ! La moitié de course est passée ainsi que le plus gros des difficultés !

Parc Expo Hervé Friquet

Enjoy ! Crédit photo : Hervé Friquet

 

L'ambiance sur le long du parcours est retombée, plus de supporters pour nous encourager et je commence à sentir de la fatigue et un mode survie enclenché chez beaucoup des concurrents qui m'entourent. L'arrivée au ravito de Saint Genoux à 4h52 (ouch, 22 mn de retard...) le confirme : c'est blindé de monde, aux tables (sont affamés  ou quoi !), dans les moindres recoins pour se changer, se masser ou se reposer et le pire, la tente à l'arrière des tables où de nombreux coureurs grelotent sous leur couverture de survie...

Moi je file, j'ai une de ces pêches ! Certes ça commence à tirer dans les jambes mais cette histoire d'amour avec la douleur ne fait que commencer ! J'ai la banane, encore et je sais maintenant que ma course est en partie gagnée car je serai finisher.

Jusqu'à Soucieu, c'est simple, je me régale ! Le souvenir d'agréables relances, de descentes où je double et surtout de reconnaître les nouvelles portions empruntées en 2013 que j'avais trouvé si longues ! Que ça passe vite cette nuit ! Il faut dire aussi que je suis régulièrement interpellée par des connaissances virtuelles (qui me connaissent mais ne jugent pas indispensables de se présenter, bizarre ! Je retiens surtout cette amie de 25 ans de Michel qui sait que je cours pour lui. Plus efficace qu'un gel caféiné, à coup sûr !), j'ai joué au yoyo avec quelques kikous et donc eu dans l'ensemble l'occasion d'échanger à de nombreuses reprises et d'en profiter pour mettre un peu de chaleur dans les quelques relations entre coureurs !

Quelques maux de vente ont bien essayé de s'inviter à la fête en descentes, avec la crainte de voir ressurgir mes embarras gastriques des ces derniers jours, mais avec les dégazages adéquats, tout est rapidement rentré dans l'ordre ! (Un peu de poésie dans cette nuit de folie !)

Soucieu, 6h17 (17 mn de retard), je dois recharger en boisson chaude. Je suis avec Miniping, à la peine et que j'embarque dans ma nuit de folie et nous sortons direct après le passage express au thé citron sucré. Pause de quelques secondes pour étirer la bête, la passion avec le mal de jambes s'intensifie par ici !

Jusqu'à Chaponost le parcours reste très agréable mais les jambes ne veulent pas apprécier. M'enfin quoi, l'est vachement agréable ce tracé ! Beaucoup de coureurs subissent encore les contre coup du froid, à l'image de ce concurrent qui souffle en souffrant et qui après une impressionnante flatulence pousse un grand râle de soulagement ! Je suis morte de rire, enfin juste le temps qu'il me dépasse et que je me prenne l'odeur d'automne qui accompagne le coup de tonnerre dans les narines ! Purée non mais ça va pas ! Vite le buff sur le nez !

On part complétement en déconnade avec Miniping et quelques concurrents qui nous entourent en profitent pour s'accrocher à notre belle humeur ! Et voilà qu'un Reynald, avec ses 130 km dans les jambes nous déboulent dessus alors que Jean Phi vient de m'informer par sms qu'il viendra à ma rencontre à Sainte Foy et que Reynald justement a pointé à Soucieu en même temps que moi ! Impressionnant, j'aurai aimé m'accrocher, pour finir avec lui car avec les potes c'est toujours mieux et surtout finir en moins de 9h !

Chaponost, pas d'arrêt, ça sent l'écurie et quelques grimpettes doivent encore être passées, et pas des moindres ! Punaise, je savais qu'il y aurait de la relance pour finir mais là on est sur de vraies montagnes !

Le chemin des lapins, la montée des Aqueducs, le chemin de Montray, ouf c'en est fini des montées ! La descente pour entrer dans le city parc est douloureuse, aucun doute, plus personne n'arrive à courir ! Moi je double, avec Miniping récupéré après avoir jouer au yoyo, 2 coureurs qui m'utilisent comme locomotive (avec mon accord après avoir accepté les décibels qui vont avec !). Je demande tout de même à mes cuisses pourquoi elles crient autant, après tout elles devraient être contentes elles aussi et fières surtout de doubler du monde !

A la sortie du parc, le petit mur qui se dresse devant nous est comme un petit (tout petit, c'est juste une image, je suis en mode plus ça fait mal meilleur c'est !) coup de poignard ! Ouch, l'avais pas enregistrée celle là !

J'ai perdu Miniping en train de laisser de l'engrais à la verdure du city park, et guette maintenant Jean Phi.

Youhou, le voilà, double banane pour Mamanpat ! Finir l'année aux côtés de mon lièvre, c'est le top ! Et hop, triple dose de décibels ! Jean Phi n'en revient pas de ma fraîcheur, je lui dis juste que je n'ai plus de jambes mais que je suis heureuse, tout simplement !

Escaliers du Grapillon, en petites foulées, clap clap pour le Berger, les quais, escaliers pour taverser le pont, pont Raymond Barre...

La fin est déjà là, les supporters sont de nouveau nombreux sur les bords du parcours, Jean Phi encourage les concurrents à la peine. On me fait remarquer, avec des encouragements, à plusieurs reprises depuis Soucieu que j'ai le sourire, signe incontestable de la réussite de ma SainteLyon ! 

A l'entrée du parc de Gerland c'est Laurent et David que l'on croise et qui forment avec Jean Phi une superbe escorte pour Mamanpat pour ces 2 derniers km.

Oui je parais fraîche, oui je suis volubile, oui je suis démonstrative, et quoi ? Il faut jouer un peu et accélérer sur le dernier km ? Oui je suis joueuse ! Que cela ne tienne, me voilà à 11,5 km/h ! Un relayeur et son coéquipier son à mon niveau, c'est un des gars que j'a tracté sur la fin, il me repasse  en disant à mes amis "mais qu'est-ce qu'elle parle !".

Dernière ligne droite, ma nuit magique touche à sa fin, mon relayeur me double "dis donc c'est comme ça que tu me remercies de t'avoir aidé à finir !", un clin d'oeil à mes amis et c'est en sprint que je rejoints le gredin ! Amusé, il me laise l'honneur de passer la ligne quelques pas devant lui.

Arrivée happy face

Pouet pouet, je t'ai redoublé !

Crédit photo : Flashport

 

Passionnement je passe cette ligne en 9h18, lève les bras de bonheur, embrasse et enlace Eric mon speaker porte bonheur.

Heureuse, je suis tout simplement heureuse !

C'est la première fois que je franchis cette ligne en 8 participations avec le sentiment d'un accomplissement serein et maîtrisé. Pas de coup de mou, pas de lassitude ni d'envie d'en finir au plus vite, pas de douleurs aigus, de blessures ou de gênes. Juste ce bon mal aux jambes qui me fait sentir si vivante et en bonne santé !

Et avec cette plénitude atteinte, un mythe s'écroule : c'est la première fois depuis 2007 que je ne pleure pas une fois ma SaintéLyon finie ! Je suis dans le même état que depuis l'après-midi, cette même petite traileuse quadra hyperactive, enivrée et heureuse !

Arrivée Pierre Alain Single Track

Enivrée de plaisir et de houblon ! Ou quand le sponsor prend soin de ma réhydratation !

Crédit photo : Pierre Alain Bonsaquet - Brasserie Single Track

 

Tee-shirt récupéré, Jean Phi remercié, Chéri agréablement et avec surprise trouvé à l'arrivée, Single Track chargées, Mamanpat changée, Matthieu et Jérôme pour les deniers échanges enjoués et à moi le reste de la journée à manger et comater, sans Mimi avoir pu embrasser...

 

Ma SaintéLyon 2014 ?

Une histoire d´amour qui tourne à l´humour
Quand vient le jour
Nuit magique
On perd la mémoire au fond d´un regard
Histoire d´un soir
Nuit magique
Si loin de tout sans garde-boue
Autour de nous
Nuit magique
Nuit de hasard à chaque regard
Et de tant voir 

 

 

Publié dans Les compétitions

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