SaintéLyon 2012 : je t'aime moi non plus...

Publié le par Mamanpat

 

L’épopée SaintéLyon 2012 s’est achevée le 2 décembre après plus de 15h de course pour les derniers classés… 

Une édition qui restera gravée dans l’histoire tant les conditions ont été difficiles :

- premières plaques de verglas sur la route dès la sortie de Sorbier au 10ème km,

- neige à partir du 12ème, voire même congères où on ne pouvait progresser que de façon processionnaire sous peine d’être dans la neige à mi-cuisse voir à la taille sur le plateau du Moreau,

- du verglas, toujours du verglas et encore du verglas de Sorbiers à Soucieu, sur les chemins, les routes

- et quand les écoulements d’eau n’étaient pas gelés, c’était une boue glaciale dans laquelle on s’enfonçait jusqu’aux chevilles faute de pouvoir la contourner et quand enfin le terrain est devenu plus convenable,

- les flocons ont fait leur apparition vers 6h30 du matin pour tomber de plus en plus fort…

 

Dimanche 2 décembre // 9h22 :

"Pour moi cette 6ème participation fut horrible, il n’y a pas d’autre mot ! Je n’ai pris que très peu de plaisir et au 28èmekm j’ai failli mettre le clignotant et lâcher l’affaire… Qu'on ne me parle plus jamais de la SaintéLyon..."

 

Même jour // Dès 9h30 : Dans quel état j'ère ? Le moindre mouvement est un supplice, mes yeux sont ceux d'un lapin ayant la myxomatose, je n'ai plus de voix, je suis nauséeuse, mes doigts de pieds sont bouffis et imprégnés de boue, j'ai des crampes à hurler. A 14h je m'endors lamentablement sur la canapé alors que chéri me masse les jambes... 2h sieste et une nuit non stop de 21h à 7h...

 

Mais souviens-toi Pat...

En 2007, ce fût le coup de foudre entre la SaintéLyon et toi… Une attirance très forte, incontrôlable, un truc de fou, alors que tu pensais cette épreuve inaccessible pour ton niveau de débutante, c'était ton premier trail, ta première cours ede plus de 20km… Tes jambes ayant fait chavirer vos cœurs, ses chemins ayant mis tous tes sens à nu, cette nuit de 9h30 et la distance vous ont rapprochées. Elle a fait hurler tes émotions et sentiments. Ceux-ci ont explosés et se sont montrés démesurés, tu n’as su les lui cacher. Et elle te l’a si bien rendu : fierté de l’exploit accompli, estime de toi, admiration des autres, motivation à continuer, aller encore plus loin ; et dès 2008, le résultat en plus de l’accomplissement, un chrono (7h48), un classement de ceux dont on rêve quand on est enfant, de ceux que seuls les forts vivant au-dessus peuvent réaliser…

 

Puis l'amour vache...

Et insatiable, elle t’en a demandé encore plus, toujours plus vite, toujours plus longue, toujours plus dure… Un genou en 2009 (7h59), une chute en 2010 (urgences Lyon Sud), de la boue en 2011(8h17)…

 

Je t’aime SaintéLyon mais tu me fais souffrir, plus que jamais sur cette 59ème édition.

C’est le chaud et le froid entre nous…

Je t'aime je t'aime, oh oui je t'aime ! Toi non plus ?

Oh ma SaintéLyon !

Comme verglas et neige qui vont et qui viennent entre les ch’mins

Montants, descendants mais très glissants

Mais je me retiens

Tu es le but, moi l’idée fixe

Tu vas, j’y vais mais rien ne vient

Que de noirs desseins viennent et reviennent entre toi et moi

Et je prends sur moi

Notre relation est obtuse, mais je ne lâcherai rien

Et entre StE et Lyon plus rien ne me retient…



"Bravo, t'es trop forte !"

Après les encouragement salvateurs sur les 13 derniers kilomètres de mon ami Bertrand venu finir avec moi, voilà les premières félicitations qui tombent, celle d'Eric qui en me voyant arriver sous l'arche me tend les bras et me soulève du sol.

"Eric, je me suis accrochée à ce bisou qu'on se promet chaque année à l'arrivée, pour avancer et finir...".

Il est sincérement heureux pour moi, d'avoir braver les éléments après ma déconvenue en 2010, me parle d'un top 30 féminin, mais rien ne soulage la souffrance ressentie, je ne pleure même pas, je grimace seulement et les mots que je prononce dans son fidèle micro sont confus, éraillés, bredouillants...

Chéri est là pour me récupérer, à défaut d'avoir pu courir et me transmettre le premier relais comme prévu. "Bravo ma puce, je suis fier ! Ca va ?" "J'en ai bavé..." et les flots lacrimaux me submergent...

 

Mon tee-shirt, je dois récupérer mon tee-shirt finisher, mon idée fixe, ma récompense, mon trophée, mon oscar, la preuve concrète de ma folie masochiste saintélyonnesque...

 

Idées fixes, Idées noires

L'idée principale ?

Finir en ayant pris du plaisir, au moins autant qu'au Grand Trail du Saint Jacques. Essayer même avec les 28 km en plus du relais envisagé, d'apprécier ces 42 km toujours particuliers quand on se prend au jeu du solo...

 

L'idée furtive ?

Après 7 km passés en compagnie d'un ancien collègue et un rythme agréable à plus de 11km/h, le passage à St Christo en 1h41, soit le meilleur des mes passages à ce point de contrôle, me laisse dire que je m'en sors très bien dans ces premières neiges et le verglas, surtout grâce à mes crampons. Si ça continue comme ça jusqu'à Sainte Catherine, je tente le chrono dont je ne voulais me soucier...

 

L'idée reçue ?

Parce que je pars avec une très bonne frontale (Led Lenser H7), je ne me pose même pas la question d'un éventuel souci même si je reste prévoyante comme à chaque édition. Grosse déception que l'abandon de ce puissant faisceau après St Christo. Heureusement j'ai une Tikka XP de secours et un jeu de pile que je change à Ste Catherine...

 

L'idée en vogue ?

Pirouettes, cacahouettes ne sont point pour mes couettes ! Si tout le monde trouve ça "chouette", moi j'avance sans glissade et point de chute au compteur ! Pouet, pouet !

 

Manquer de suite dans les idées...

Au petit jeu de : j't'allume, j't'eteins, je prends celle à main, j'l'allume, j'l'éteins, j'avance, on n'avance pas, à la queue leu leu, tu passes, je passe pas, tu glisses, j't'retiens, ça glisse, on contourne..., je perds patience et perds plaisir. Observer la pleine lune qui se reflète dans le neige ? J'ai déjà du mal à apprécier cette dernière pour savoir où je dois mettre les pieds ! Me retourner pour retrouver ce que je trouve de plus magique pendant cette nuit annuelle ? Ma chenille lumineuse risquerai de me faire glisser si je ne reste pas attentive aux embuscades verglacées... Mettre le clignotant ? Et bien ça au moins c'est simple !

 

L'idée force ?

No pain no gain ! Depuis qand la simplicité permet d'atteindre son but ? L'abandon est trop dur à gérer alors il faut s'accrocher : mes loulous et leur message de bonne course, les images positives de paysages chauds et ensoleillés, ma collecte au profit du Centre Léon Bérard (ceux qui se battent contre le cancer, lâchent-ils leur combat eux ?...), mon tee-shirt finisher, la fin de course avec Blob, mes Brut de Fleurs quelque part dans la nuit, le bisou à Eric, le genou maudit de chéri, mes amis de la LyonSaintéLyon qui eux iront au bout de leur défi...

 

L'idée folle ?

Sortie du glissant Bois d'Arfeuille, les sensations reviennent, l'allure est bonne, la nouvelle partie des 2 bois arrive et Soucieu sera là. Envoie Pat, tu y es de nouveau, tu es bien, tout va bien, tu doubles et redoubles, de prudence et les concurrents...

 

L'idée fausse ?

Que cela durerait... Les conditions restent difficilles et ne permettent pas d'apprécier longtemps ce mieux et ces nouveaux chemins. J'en ai marre, vraiment marre, tellement marre...

 

Suivre son idée ?

Maintenant que je suis à Soucieu, il faut que je finisse le plus vite possible. Je pars du ravito, il est 6h36, quelques poudreries se pose sur mon nez mais pas pour me faire une beauté. Il reste 23 km, je visse le shuffle dans les oreilles au chaud sous mon buff Brut de Fleurs, Pitt décharge son énergie au plus profond de mon cerveau. Laissez moi passer, je suis énervée...

 

Lutter contre les idées reçues ?

Et pourquoi ça ? Si la boue est censée faire une belle peau douce, autant patauger dans ces piscines et torrents de glaise à traverser...

 

Garder les idées claires ?

Pas de souci, elles le sont, la fraicheur nocture et maintenant celle du petit matin permet de rester lucide car maintenant c'est la fin. Je la sens l'arrivée, je la sais toute proche mais je sais aussi que les 11 km restants vont être un supplice pour mon corps qui - je le réalise seulement - était réceptif et en bon état. Ca commence à tirer. Avancer, chanter, faire halluciner, encourager, râler, rattraper, retrouver...

 

En voilà une bonne idée !

... mon ami Bertrand ! Le portable qui vibre à 8h du mat je le décroche alors que je marche dans la montée des aqueducs de Beaunant. Je sais que c'est lui, on avait lancé cette belle idée, il l'a attrapé et en a fait une vérité. Salvatrice, bienfaitrice, ultrabright dentifrice (ça c'est pour le sourire quand je le vois arriver à ma rencontre !!!). Je vide mon trop plein, je râle, j'en rajoute, je suis ironique et cynique mais à toutes mes douleurs je fais la nique ! Je double des féminines, Bertrand me pousse à aller chercher tout ce qui peut être manger et m'invite à jouer à Mamanpat la Pac Man....

Elle est toujours de bonne humeur

Elle a raison, ça porte bonheur !

Faut faire attention car voilà les flocons
Vite un Bertrand, il redore le blason
Grâce à son grand cœur, elle sera toujours vainqueur
Vive Mam'Pat, Mam'Pat

Pinky, Pinky, Pinky Mamanpat
[Houille, houille, houille]
Est une traileuse pas gentille du tout
[Houille, houille, houille]
Elle n'a qu'une idée, tout le monde avaler
Mais Mamanpat reste fairplay toujours
Toujours très sympa !

 

Mourir pour ses idées...

L'effet que peut avoir un sprint sur les 100 derniers mètres d'une course de 71 km quand vos ischios hurlent et que vous ne pensez qu'à en finir mais que surtout votre finisher partner vous entraîne à le faire comme vous le souhaitiez : le plus vite possible...

 

 

Lundi 3 décembre // 7h00 

Le plus dur est de se déplier et de s'extraire de ce lit douillet puis comme un miracle, seules quelques courbatures qui s'estompent rapidement après quelques mouvements, les escaliers se montent et se descendent facilement, les traits ne sont plus tirés.

Au boulot les interrogations et commentaires vont bon train même si certains restent partagés : admiration, être impressionnés, me prendre pour une tarée... Au vu du tableau que j'ai dressé, j'accepte avec fierté de passer une folle, dingue, timbrée, atteinte, hallucinée, dérangée, déséquilibrée...

La SaintéLyon 2013 ? Peut-être en relais... 

 

Mardi 4 décembre // 6h00 :

Réveil un peu dur par manque de sommeil, presque plus de douleurs musculaires, rien... Le genou gauche tire un peu, comme s'il avait pris 40 ans en une nuit mais je vais si bien !

La SaintéLyon 2013 ? Je serai au départ, sûrement...

 

J+3 et suivants...

Très peu d'images positives restent au sens propres du terme, les souvenirs visuels s'estompent et le négatif est inconsciemmnt mis de côté... Il y a par contre ce beau cliché officiel qui reflète tout l'esprit de ma course mais pas son vécu. Ce qui prédomine aujourd'hui est un sentiment fort d'avoir encore franchi un cap, d'avoir ouvert une nouvelle porte au fond de moi, de ma volonté, des mes capacités de resistance, physiques et mentales. Et puis aussi d'être plus forte physiquement, le métier qui rentre ?...

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Vendredi matin j'ai du marcher dans les rues noires et froides de Lyon, la musique sur les oreilles. Les sensations de la nuit magique ont fait surface et un sentiment de bien être m'a accompagné durant ces 20 mn de marche.

J'étais seule avec mes pensées, celles qui font avancer...

 

 

Résultats SaintéLyon 2012

9h22 - 71 km - 1700m D+ / 2000m D-

Scratch : 1213ème/4027

Féminine : 29ème/310

V1F : 13ème/109

12 000 coureurs toutes formules confondues, près de 6 000 sur le solo. 1 000 non partants, 3 000 abandons...

Diplome-STL-12.jpg

 

En détail

Distance Vitesse Cadence Cumul
1 km 11.76 km/h 05'06'' 05'06''
2 km 11.14 km/h 05'23'' 10'29''
3 km 10.94 km/h 05'29'' 15'58''
4 km 11.21 km/h 05'21'' 21'19''
5 km 11.28 km/h 05'19'' 26'38''
6 km 11.04 km/h 05'26'' 32'04''
7 km 9.47 km/h 06'20'' 38'24''
8 km 8.29 km/h 07'14'' 45'38''
9 km 7.01 km/h 08'33'' 54'11''
10 km 6.21 km/h 09'39'' 01h03'50''
11 km 8.03 km/h 07'28'' 01h11'18''
12 km 9.83 km/h 06'06'' 01h17'24''
13 km 7.65 km/h 07'50'' 01h25'14''
14 km 6.04 km/h 09'56'' 01h35'10''
15 km 9.83 km/h 06'06'' 01h41'16''
16 km 8.12 km/h 07'23'' 01h48'39''
17 km 5.31 km/h 11'17'' 01h59'56''
18 km 8.01 km/h 07'29'' 02h07'25''
19 km 10.87 km/h 05'31'' 02h12'56''
20 km 5.59 km/h 10'43'' 02h23'39''
21 km 5.51 km/h 10'53'' 02h34'32''
22 km 7.05 km/h 08'30'' 02h43'02''
23 km 7.98 km/h 07'31'' 02h50'33''
24 km 8.49 km/h 07'04'' 02h57'37''
25 km 8.01 km/h 07'29'' 03h05'06''
26 km 5.75 km/h 10'26'' 03h15'32''
27 km 5.57 km/h 10'46'' 03h26'18''
28 km 8.1 km/h 07'24'' 03h33'42''
29 km 5.23 km/h 11'28'' 03h45'10''
30 km 7.4 km/h 08'06'' 03h53'16''
31 km 7.87 km/h 07'37'' 04h00'53''
32 km 6.97 km/h 08'36'' 04h09'29''
33 km 4.99 km/h 12'01'' 04h21'30''
34 km 7.37 km/h 08'08'' 04h29'38''
35 km 6.33 km/h 09'28'' 04h39'06''
36 km 6.25 km/h 09'36'' 04h48'42''
37 km 6.48 km/h 09'15'' 04h57'57''
38 km 6.15 km/h 09'45'' 05h07'42''
39 km 5.96 km/h 10'04'' 05h17'46''
40 km 7.33 km/h 08'11'' 05h25'57''
41 km 8.86 km/h 06'46'' 05h32'43''
42 km 4.9 km/h 12'14'' 05h44'57''
43 km 4.96 km/h 12'05'' 05h57'02''
44 km 7.72 km/h 07'46'' 06h04'48''
45 km 8.37 km/h 07'10'' 06h11'58''
46 km 7.4 km/h 08'06'' 06h20'04''
47 km 9.57 km/h 06'16'' 06h26'20''
48 km 7.14 km/h 08'24'' 06h34'44''
49 km 8.33 km/h 07'12'' 06h41'56''
50 km 9.65 km/h 06'13'' 06h48'09''
51 km 7.92 km/h 07'34'' 06h55'43''
52 km 5.97 km/h 10'03'' 07h05'46''
53 km 5.62 km/h 10'40'' 07h16'26''
54 km 9.18 km/h 06'32'' 07h22'58''
55 km 9.6 km/h 06'15'' 07h29'13''
56 km 9.06 km/h 06'37'' 07h35'50''
57 km 6.79 km/h 08'50'' 07h44'40''
58 km 8.53 km/h 07'02'' 07h51'42''
59 km 8.51 km/h 07'03'' 07h58'45''
60 km 10.46 km/h 05'44'' 08h04'29''
61 km 4.95 km/h 12'07'' 08h16'36''
62 km 8.33 km/h 07'12'' 08h23'48''
63 km 8.18 km/h 07'20'' 08h31'08''
64 km 9.7 km/h 06'11'' 08h37'19''
65 km 10.08 km/h 05'57'' 08h43'16''
66 km 9.6 km/h 06'15'' 08h49'31''
67 km 9.54 km/h 06'17'' 08h55'48''
68 km 9.27 km/h 06'28'' 09h02'16''
69 km 9.16 km/h 06'33'' 09h08'49''
70 km 8.73 km/h 06'52'' 09h15'41''
71 km 10.49 km/h 05'43'' 09h21'24''

 

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Rendez-vous le 8 décmbre 2013...

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Runslow 11/12/2012 18:12


Bravo à toi aussi. Tu a raison pour le manque de fuschia sur la LSL.(je me suis fait la même réflexion!!!) mais je ne suis pas encore près à courir en rose. Alors affute tes crampons et prend ton
ticket pour 2013.


Bonne récup. et bonne fin d'année.  Eric