Une course en LUT majeur !

Publié le par Mamanpat

Bon je crois que vous avez suffisamment patienté... et il devient dur pour moi de ne pas vous le livrer ce récit tant attendu !

 


Vivre pleinement une course de l'intérieur en étant à son extrémité.

Une antinomie ?

 

Que le coureur soit aux avants-postes, au milieu ou fin de peloton, il vivra pleinement sa course, à son intensité, avec ses objectifs.

Qu'il se batte contre son adversaire du jour ou contre lui-même.

 

Mais il est un coureur un peu particulier, qui sans dossard sur la poitrine, connaîtra également un moment sportif d'une intensité hors-norme...

 

 

Le Lyon Urban Trail 2009 tel que l'a vibré son serre-file officiel et comme personne d'autre ne l'a vécu !

 

 

Il est 7h55 en ce dimanche 7 juin.

Tous les coureurs du 42 km ainsi que les équipes du relais Ekiden sont en place dans le sas de départ.

Les recommandations d'usage sont formulées au micro mais la serre-file que je suis aujourd'hui est trop stressée pour en écouter d'avantage et préfère échanger quelques mots avec les amis qui prendront le départ du 21 km une heure plus tard !

Mince, ça part ! Quelques pas en marche arrière en saluant et patatrac, le serre-file s'emmêle les pieds et finit au sol !


Ca commence bien mais au moins avec un franc fou-rire et de grands saluts à tous les présents qui encouragent la horde de coureurs prêts à gravir plus de 6 000 marches et avaler 1300 mètres de dénivelé positif répartis tout le long du parcours !

 

Le départ attaque dur avec la rue Terme et ses premiers pourcentages positifs et le fameux tunnel de la ficelle qui nous amène sur le boulevard de la Croix Rousse.

 

Comme consigné par Michel Sorine, un des organisateurs de l'équipe d'EXTRA SPORTS, je reste avec le dernier qui se détache rapidement et pour cause : ce V3 de 70 ans est plutôt habitué aux marathons roulants et en compte 97 à son actif !

 

 

1h15 plus tard, après moultes tours et détours dans la Croix Rousse (qui donneraient presque le tournis !) et déjà un bon nombre d'escaliers gravis dont ceux de la Sarra et de Nicolas de Lange, mon compagnon m'en aura appris plus sur Lyon et ses légendes que je n'aurais jamais osé l'imaginer !

 

 

Hélas pendant ce temps, seulement 8 km ont été parcourus et c'est en me confondant en excuses (et après avoir analyser la situation en commun) que je récupère sa puce et le fait poursuivre sur le parcours du 21 km, sur les pavés élimés de la montée du Gourguillon...

 

Le téléphone ne pleure pas

Cette mise hors course fera l'objet du premier contact téléphonique avec Sébastien Olive de l'équipe d'EXTRA en lien avec le PC de sécurité.

Premier appel d'une série de 12, tous conclus par un mot gentil, ou d'encouragement, ou de remerciement !

 

Mais me voilà seule, sans personne en ligne de mire ni à accompagner et je commence mon travail de « débalisage humain » !

C'est en effet une autre de mes missions : je rends leur liberté à tous les signaleurs et agents de la sécurité (en ne manquant pas de prévenir Sébastien à chaque fois que je relève un policier de ses fonctions !)

 

Un contre la montre de 12 km

La nouvelle boucle de Sainte Foy sera la partie la plus « sportive » de mon parcours. Certes je marche dans les difficultés (Montée Saint Laurent, Montée des Villas, Montée du petit Ste Foy, chemin de la Fournache... C'est pentu du côté de La Mulatière et de Sainte Foy !), allonge sur le plat et lâche tout en descente pour tenter de recoller la fin de course et en veillant à saluer tous les signaleurs et leur indiquer que c'est fini.

« C'est fini », voilà d'ailleurs un petit bout de phrase que j'ai du prononcer plus d'une centaine de fois !

 

 

J'arrive près de la bifurcation du parcours du 21 km alors que les derniers du petit parcours arrivent sur ma droite.

Montée de l'Antiquaille puis du Télégraphe et le chrono affiche 1h23 (2h38 au total depuis le départ pour une barrière horaire à 2h45) en arrivant au 2ème ravitaillement situé place de la Visitation au 19ème km, juste avant de traverser le théâtre Antique de Fourvière.

 

Je vérifie la couleur du dossard de tous les coureurs arrêtés là - c'est que je me sens bien moins seule ! - puis repars - non sans avoir salué les bénévoles ! - puisqu'il n'y a pas de brebis égarées du 42 !

 

 

« Mais où étais-tu passé toi ? »

Quelle surprise dans la rue du Bas de Loyasse de voir derrière moi un coureur au dossard fuschia (quelle belle couleur que celle du grand parcours !). Il me dit qu'il s'est peut-être trompé vers Fourvière...

 

Soit, il file mais en avalant un bel escalier plus loin il me semble voir en bas un autre dossard fuschia !

 

Même question, avec humour, mais cette concurrente semble outrée que j'ose d'une part la tutoyer et d'autre part penser qu'elle est la dernière ! Sport plaisir vous dites ?...

 

Je tire sur ma carte plastifiée et me rends compte que j'ai « omis » de faire une petite boucle dans le parc des hauteurs à Fourvière... J'ai raté le chemin du Rosaire (quelle ignominie !) et la passerelle des 4 vents ! Comment n'ai-je pu ne pas m'en rendre compte plus tôt !!!

 

« Sébastien ! M'a trompée !!! » Oups...

Je reste postée là de nombreuses minutes avant de repartir tout doux pour être sûre d'avoir récupéré tout mon petit monde ! (17 minutes pour faire ce 22ème kilomètre...)

C'est Ok, même sur le 21 il n'y a plus personne ! OUF !

 

Deuxième contre la montre pour être en bonne compagnie

Les derniers concurrents un repris du coup une bonne avance. Alors Go !

Descente sur les quais de Saône, puis une longue partie roulante jusqu'au pont Mazaryk et puis le retour sur l'autre berge me permettent de revenir à bonne distance et de vérifier que plus personne ne se trouve derrière.

L'escalier de la montée des Hoches est avalé 2 marches par 2 marches puis me voilà au niveau de mes « derniers » dans le parc de la Cerisaie.

« Tout va bien ? »

« Oui ça va, mais à priori pas autant que vous ! » Ca vaut mieux quand même si je veux mener ma mission à bien !

 

 

La course ne commence que maintenant...

La traversée du Parc de la Cerisaie me permettra de faire connaissance avec ceux qui seront quelque part mes protégés de ce parcours ! L'un accompagne son frère pour un pari fou qu'ils se sont lancés (la SaintéLyon) sachant que le plus âgé ne court que très peu... et en tennis ! Le 3ème comparse est un habitué... des tendinites aux genoux ! Une le fait déjà souffrir depuis quelques kilomètres, quand à notre novice, ses muscles commencent sérieusement à l'handicaper !

 

Soucieuse de ma mission du jour, j'ai en stock de quoi soulager les maux et je propose donc Sportenine, Efferalgan ou autre Niflugel et surtout promets des dragibus régulièrement pour faire avancer la troupe !

 

A la sortie du parc, une drôle de surprise m'attend : un coureur entièrement allongé sur le trottoir est crampé du haut des cuisses aux chevilles !

Je sors ma trousse de Saint Bernard : Sportenine et Noix de cajou pour les circonstances !

Hélas il pense avoir atteint ses limites et ne souhaite pas repartir. Je récupère donc sa puce après m'être assurée au moins 10 fois que c'était sans regret... Heureusement, les signaleurs sont avec lui et comme je leur indique la fin de course ils pourront le ramener place des Terreaux.

 

 

30 kilomètres à pied...

Me voilà à nouveau à courser mes lièvres après ces quelques minutes d'arrêt. Descente sur les quais puis la montée d'Yprès que j'attaque à grandes enjambées (autant que peuvent mes courtes cannes !). J'en profite pour appeler ma Maman et lui souhaiter une bonne fête !

 

 

Je retrouve les 3 lascars au 3ème ravitaillement (31ème kilomètre) où comme promis je distribue des dragibus ! Les bénévoles y ont droit aussi !

Il n'est  pas encore 12h30, pas de souci avec la barrière horaire, le seul objectif est désormais de franchir la ligne d'arrivée.

 

« Dis papa, c'est quand qu'on arrive ? »

Et si le début de parcours était corsé, la fin n'a rien à lui envier ! Les fameuses montées de la Rochette et de l'Eglise et leurs 24 %, le colimaçon de la montée de la Boucle, les 3 enfants et « enfin » les escaliers « ignobles » des montées Joséphin Soulary et des Fantasques auront fait grimacer à maintes reprise mes 2 valeureux concurrents.

 

Les dernières marches seront grimpées en les poussant dans le dos et les derniers kilomètres ne seront pas parcourus à plus de 5 km/heure de moyenne tant il devient insoutenable pour eux de seulement même trottiner.

 

 

Tout y passe pour les encourager : des « allez » répétés incessamment aux images positives comme un Oasis tropical, un mac chiken à 1 € (mobilier urbain oblige !), la glace sur le genou ou la chance d'être à pied en descente plutôt qu'en montée à vélo comme cette femme croisée qui avait du mal à tourner les pédales !

 

J'en arrive même à me demander si je ne les saoule pas plus que je ne les aide ! Mais pas question de les laisser seuls face à leur douleur, je préfère leur rappeler qu'ils sont en train de réaliser quelque chose de formidable, qu'ils vont au bout de leur défi et que leur mental est indéniablement en train de se forger dans de l'acier trempé !

 

Les derniers coups de fil à Sébastien sont enjoués et encourageants : nous sommes attendus pour les podiums des vainqueurs ! C'est que la barrière limite des 7 heures ne sera pas atteinte...

 

 

6h00 et une arrivée triomphale !

6h00 sera en effet le temps qu'il aura fallu aux derniers pour arriver à bout de cet exigeant parcours du LUT 2009.

Alors quand on va au bout de soi même de la sorte la plus belle des récompenses est de franchir la ligne d'arrivée comme si vous aviez gagné...


Et c'est ce qu'ont offert Maud Giraud, Martine Volay (respectivement 1ère et 2ème féminine) et Cathy Dubois (vainqueur de l'édition 2008) à nos 2 finishers en venant les chercher avant la traversée de l'Hôtel de Ville pour en descendre le parvis et passer sous l'arche de la délivrance, les applaudissements et les commentaires enlevés du speaker officiel, main dans la main et dans une OLA improvisée !

 

Cette arrivée restera une image gravée à jamais...

Comme le symbole d'une journée hors du commun où toutes les valeurs humaines et sportives se sont retrouvées autour d'un événement d'un nouveau genre.

 

Cette mission aura été enrichissante à tout point de vue, autant pour le regard du côté de l'organisation que celui des magnifiques vues qu'offre la ville de Lyon et que pour l'enrichissement personnel qu'elle apporte en apprenant à mieux connaître ses capacités, qu'elles soient physiques, mentales ou d'appréciation des évènements.

 

Et puis partager les valeurs d'une équipe EXTRA et passionnée, ça n'a pas de prix !

 

Merci à toute l'équipe, pour tout !

 

 





Crédit photos : Mamanpat, Christian Lefevre, Romain Alb

 

 

Publié dans Les compétitions

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yanshkov 17/06/2009 19:10

Il est beau ce CR !! C'est vraiment une belle expérience, je l'ai vévue l'année dernière sur les Passe-montagnes . Ce n'est pas de tout repos mais tellement enrichissant . Je me souvient surtout de la joie des bénévoles qui attendaient que je les "délivre" !! Et encore il n'y avait que 23 bornes alors toi sur 42 kilomètres, y'en a qu'on dû te bénir !!!!  à vendredi au Titan !!!

Mamanpat 18/06/2009 07:58


Merci Yan !
Il y a des bénévoles à qui j'ia du répéter 2 ou 3 fois qu'ils pouvaient partir (sans oublier de débaliser !) car il n'y croyait pas et était tellement heureux !!!!

A demain soir !


Pascaloup 16/06/2009 22:57

Excellent ! Voilà de bien belles bulles...

Mamanpat 17/06/2009 08:06


J'espère qu'elles vont tournoyé un moment au dessus de nos têtes !

Merci Pascaloup !


Taz le Diable 16/06/2009 22:20

Pfiouuu, ça valait le coup d'attendre ;)Bravo encore à toi, Que St Dragibus te bénisse :-))))))))))))))

Mamanpat 17/06/2009 08:05


Ai-je droit à une auréole fuschia ???????

Merci Taz !


Arthurbaldur 16/06/2009 16:35

Magnifique ce CR. Tu en as bien profité, c'est cool. Dommage de ne pas avoir fait la boucle du Parc des hauteurs, c'est sympa la bas.Au fait, tu ne veux pas être serre file pour la SaintéLyon ... histoire de me faciliter les choses. 

Mamanpat 17/06/2009 08:04


Le plus incroyable c'est que je n'ai pas tilté sur mon omission ! Je savais très bine que l'on devait passé par la Rosaire et la passerelle des 4 vents ! Trop absorbée par ma mission...

Pour la SaintéLyon, ce doit être une sacrée expérience d'être serref-ile aussi... Je réflechis...

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NAN ! Je vais te faire courir cette nuit là !