Mais après quoi courent les Hommes ?

Publié le par Mamanpat


Otez-moi de suite ce sourire scabreux de vos visages ! Car il n’est pas question de coureurs de jupons mais bien de coureurs à pied, les Hommes avec un grand H, le genre humain en somme ! Alors ces dames sont concernées aussi… et pourraient d’ailleurs avoir le même sourire graveleux car question running, elles ont bien plus l’embarras du choix si on reporte leur pourcentage dans les pelotons de course à celui des hommes (avec un petit « h » pour le coup !).

 

Mais là n’est pas le sujet.

 

Passionnés de course à pied en tout genre, grands amateurs de souffrance à nos heures perdues, qu’est-ce qui nous fait chausser nos pompes élaborées pour aller courir contre vents et marées ?…

 

Car quand nous rentrons satisfaits de notre séance - et ruisselants de sueur - il y a souvent quelqu’un pour poser la question couperet « mais pourquoi tu fais ça ? » ou « tu cours après quoi au juste ? »

 

A cela nous pourrions répondre que « l'Homme passe son temps à courir après quelque chose alors qu'il sait qu'il ne pourra jamais l'atteindre ». Mouais, on est d’accord, ça fait un peu psychologie à 2 balles…

 

Mais alors, courons-nous après le bonheur ? Après le temps ? La reconnaissance, la célébrité, la popularité ? Après le diable ? Après du vent ?…

 

Car « courir après » c’est bien poursuivre, essayer de rattraper quelque chose ou quelqu'un…

 

Raymond Devos lui, après avoir traversé en courant cette ville de fous où tout le monde courait sans raison, conclurait effectivement que nous sommes fous !

Tiens au fait, combien de fois vous-a-t-on affublés de cet adjectif ? Moi je ne compte plus…

 

Pourtant, l’âme de compétitrice qui veille au fond de moi, sait ce qui me fait avancer : les objectifs, le dépassement de soi, la satisfaction d’aller plus loin, de chercher et repousser mes limites…

 

A ceci on peut ajouter une bonne dose de plaisir à parcourir chemins vallonnés, campagnes colorées, sommets inaccessibles, profiter de la nature et de tout ce qu’elle offre de plus beau à nos sens.

Et quel bienfait pour nos têtes ! Montaigne disait : « Mes pensées dorment si je les assois. Mon esprit ne va que si mes jambes l’agitent. »

 

Oui bien sûr, courir c’est aussi le top pour conserver la ligne !

 

Si bien que la célèbre devise de Junvenal « anima sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain) n’a jamais eu autant de sens !

 

Esprit es-tu là ? Est-ce de celui là dont on parle avec le fameux « esprit trail » ?  Tiens ça pourrait faire l’objet d’un article ça...

 

Revenons-en plutôt au dépassement de soi.

Il peut apparaître bien plus important que le dépassement des autres coureurs !

Il signifie qu’on arrive à parvenir à une maîtrise de soi, de son corps, quand parfois la souffrance peut se faire sentir.

Jean-Jacques Rousseau a dit : « plus le corps est faible plus il commande, plus il est fort plus il obéit », en gros courir souvent et longtemps n’apporte que des bienfaits encore une fois, à son corps et à sa tête.

 

D’ailleurs, un bruit court que L'Homme est né pour courir !!!

Deux chercheurs américains avancent que c'est par la course d'endurance que nous sommes devenus des Hommes.

Il y a deux millions d'années, nos ancêtres caverneux se seraient spécialisés dans la course de fond, ce qui leur aurait permis de pérenniser leur genre et se distinguer des autres grands singes. L'homme moderne serait l'héritier de cette longue tradition de course à pied dont il garde d'exceptionnelles capacités d'endurance (même si la société moderne lui a fait perdre le goût de l'effort !).

Et tout ça grâce à un certain ligament nucal qui permet de stabiliser la tête et de maintenir l'équilibre pendant la course, dont les singes sont dépourvus ! D’ailleurs l’homme est adapté des pieds à la tête : le tendon d'Achille permet d'emmagasiner de l'énergie lors de la pose du pied au sol pour le restituer ensuite lors de la propulsion (les singes n'ont pas de tendon d'Achille non plus ! ), les muscles fessiers (volumineux, et sans aucun sous entendu hein !), le pied (long avec voûte plantaire et orteils courts), les articulations (permettant d'absorber les chocs), et les glandes sudoripares sur toute la surface du corps (transpirer permet d’évacuer la chaleur !).
Grâce à cet équipement de luxe, l'homme moderne possède d'excellentes qualités d'endurance.

 

Et pourtant, même en courant comme un dératé, il est un piètre sprinter en comparaison du reste du règne animal !

 

Nous revoilà donc au point de départ : l'homme s'est-il mis à courir pour fuir ou pour attraper quelque chose ?

Pour chasser, il n'avait pas encore inventé les armes et n'étant pas rapide, il ne pouvait rattraper ses proies. Il pouvait les épuiser, mais cette chasse est très coûteuse en énergie.

Cette hypothèse permet de comprendre comment l'endurance aurait autorisé l'accès à un régime plus riche en protéines et en graisses. Les plus endurants devenant ceux qui se développaient le mieux. Et ce sont donc également ceux qui assuraient la meilleure chance de survie à leur descendance.

L’Homo-erectus venait sans le savoir d’inventer la diététique !!!


Cette hypothèse permettrait aussi d'expliquer nos étonnantes facultés mentales. Car un régime riche en protéines favorise un développement cérébral plus rapide !

Anima sana in corpore sano
 !


Serions-nous alors plus intelligents grâce à nos talents de coureurs de fond ? Nos gros cerveaux acquis à la sueur de nos ancêtres nous ont permis de bâtir une société riche en outils spécialisés où il est maintenant permis … de ne plus jamais courir, sauf dans les villes de fous !

 

 

Nous sommes d’accord que nous avons tous une – ou plusieurs ! – bonne(s) raison(s) d’utiliser ces somptueuses capacités naturelles (sauf qu’on n’est pas tous égaux devant leur niveau !), si on fait abstraction que nous sommes donc bien fous.


L’essentiel étant :
- de ne pas faire comme certains chiens qui courent après leur queue, se l'attrapent et se la mordent (là vous pouvez sourire !)
- de ne pas passer des heures entières à courir dans une roue à la manière des hamsters.

 
Et surtout n’oublions pas que finalement rien ne sert de courir ; il faut partir à point ! Encore une fois, 2 animaux célèbres viendront conforter nos thèses et hypothèses !!!



Une p'tite bafouille by Mamapat, en exclusivité pour Esprit Course !

Publié dans CAP

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Arthurbaldur 30/03/2009 16:28




Bon c’est bien beau ça, mais pourquoi elle court mamanpat ?