La SaintéLyon 2008 comme jamais je n'aurais osé la rêver...

Publié le par Mamanpat

Par où commencer ?

Ais-je rêver ?

Non, les courbatures sont là pour me rappeler que je suis bien venue à bout des 66 km reliant Saint Etienne à Lyon, par monts (1500 m de D+) et par routes (55 %), par des températures frôlant les négatives (avec un petit air plus que frais au point culminant à 750 m), par des chemins semés d'embuches en tout genre (boue, flaques, ruisseaux, branches, cailloux, feuilles mouillées, trous et j'en passe...) mais sous un ciel clair et étoilé, nous permettant de profiter de spectacles somptueux, entre villes illuminées, serpentins de frontales et tout ce que l'imaginaire peux mettre dans la nuit noire...

Tout ça en compagnie de plusieurs milliers de passionnés, venus, avant tout podium, diplôme d'or, d'argent ou de bronze ou chrono prestigieux, pour gagner une victoire envers eux mêmes : celle d'être finisher SaintéLyon.


Alors je vais commencer par la fin, celle déjà annoncée : je suis finisher de la SaintéLyon pour la 2ème année consécutive et ma 2ème participation !




Mais quel finish !

La ligne est franchie en 7h48'05"...
Un temps que même mes rêves les plus fous, ne s'étaient pas permis d'envisager !
7h41' et des poussières de course, 6 mn de pause (oui Arthur, tu as raison, un vrai métronome !).


Mais comment ais-je pu faire ça ? Moi, néo traileuse qui détestait et ne savait courir...




Ambiance

Le sac est prêt et c'est en train que je me rend à Saint Etienne cette année confortablement installée, jambes surelevées, musique sur les oreilles...

Arrivée à la Part Dieu, le train de 18h19 que je pensais prendre est supprimé et remplacé par un autocar...
Ca commence bien ! Pas question, je ne veux pas prendre le risque de garder les jambes pliées pendant plus d'une heure !
Un TGV jusqu'à Perrache et à 18h36, affaire reglée et départ pour Chateaucreux ! La moitié des voyageurs du TER se regarde en coin : nous allons tous bien au même endroit !
Un petit kilomètre de marche pour se réveiller et nous voilà au Parc Expo.
Quelle foule déjà alors qu'il n'est pas encore 20 h !
Je prend la file pour retirer mon dossard au nombre sublimissime de 882 !

Je rejoinds la joyeuse (mais quelque peu calme tout de même !) bande de Kikourou pour l'AAB (comprendre Appel A Bouffer !) organiser de mains de maître par Golum et Olycos. Merci à eux, faire grailler plus de 100 coureurs à 50 m de la ligne de départ n'était sûrement pas une mince affaire !

Très sympa de rencontrer enfin certains kikou, Marioune notamment qui complète la flower's team le temps d'une nuit en prenant le 1er relais, DebizeJ, Golum, Olycos, Coli, Béné38, Khanardo (qui a tenté de me doper avec son génépi maison !) et tous ceux que j'ai le plaisir de revoir, Langevine, Nono,Totote, Blob, Fimbur, Yayoun, Girlay, Joshua, Hay David.... Vous étiez si nombreux ! Je sais que j'en oublierai tout le long de mon récit...
Repas au poil, mes flowers arrivent à point alors que l'assiette de tagliatelles est avalée !
Nous les rejoignons avec Marioune et retour donc dans ce Hall Expo si magique !


Effervescence

J'étais déjà comme une puce survoltée depuis quelques jours, mais là, la dose de watts fait une poussée fulgurante !

J'adore tout ce monde, tout ce bruit, toute cette agitation, melés de relachement, de roupillons, d'odeurs de crèmes camphrées, de bouts de sparadrap, d'équipement en tout genre, de sacs, de chaussettes, de gamelles de pattes et autres décoctions énergisantes.

A chacun son truc pour se mettre la tête dans la course, entre potes, isolé, un bouquin, la musique, les stands de spécialistes, les ajustements de dernière minute...

Mon truc c'est de bouger sans me cramer, retrouver toutes les personnes que j'ai envie de voir, d'échanger au moins quelques mots avec eux, d'en profiter pour observer ce joyeux méli-mélo de noctambules.

Alors je me pose avec mes flowers au côté de Mélissa, Arnaud et Thierry et retrouve donc mon mentor et porte-bonheur, Lorenzo.

Jean Paul nous rejoint puis je retrouve Yanshkov, Viviane ou encore quelques autres rameurs égarés dans le monde de la course à pied.
Je rencontre surtout avec un immense plaisir le GCO (Gang des Chausettes Oranges) : Arthurbaldur, Taz le Diable, Oslo, grâce à Miaou croisée aux... toilettes !
Un bon taillage de bavette et une odeur de Saint Nectiare plus tard, ma voix commence à dérailler... Vais peut-être arrêter de parler moi ! Au panier Mamanpat !

Mais que le temps passe vite en si bonne compagnie !
Quoi ? Une photo des kikous ? J'arrive !

Et c'est Patou (oui c'est moi !) mais faut se préparer...


Silence...

Une minute pour Moicélolo avant le départ donné par son papa...

Quelques larmes et un décompte plus loin et c'est parti pour une nuit de folie !


... On allume nos sens !

Je pars en compagnie de Mélissa. Du pur bonheur pendant les 10 premiers km : Mélissa ne cesse de rire (la foule, les gens, tout ce monde en pleine nuit, ça l'éclate !), on discute beaucoup, rigole énormément, ça aide !
Et ma loupiote qui clignotte dans le dos, un truc infaillible pour accrocher tous les coureurs de sexe masculin... A méditer...

Je ne voulais pas partir doucement, pas vite, mais me mettre tout de suite dans un bon rythme.
Trouver une bonne allure de course sans pour autant taper dans les réserves.
Oui évidemment je me suis fait un plan de course "idéale", mais bon faut pas se faire trop d'illusion non plus, 8h15 n'est sûrement pas à la portée de mes petits jambons...

Malgré tout, le premier pointage de Saint Christo arrive assez rapidement., j'ai perdu Mélissa dans la première montée un peu appuyée.
Un petit coup de "lap" au garmin et que vois-je : 1h38mn... Temps de passage idéal : 1h50.
Ne serais-tu pas partie un peu vite Pat ?
Pourtant je vais bien, je n'ais pas la sensation de forcer, je laisse faire mes jambes pour l'instant...
Les montées passent super bien et je me surprends à voler dans les descentes (oui oui, moi je ne fais que doubler dans les descentes ! Tout le monde se traîne ou quoi ?!!!)
Je ne m'arrête pas au ravito, juste obligée de piétiner pour traverser la foule !



Décadence

Les chemins deviennent de plus en plus boueux. Je n'ais que très peu de souvenirs de l'an passé et le peu de portions que j'ai retenues sont loin d'être comme dans mes souvenirs, très espacées surtout !!!!

Cela fait déjà plusieurs fois que je me fais la réflexion depuis le départ, on en a rie d'ailleurs avec Mel : ça pue !
Ca sent l'automne, le pêt - foireux - même ! J'aurais régulièrement droit d'ailleurs aux coups de trompettes précédents ces éfluves nauséabondes des messieurs qui m'entourent !
Je ne leur en veux pas vu ce que mon bide me prépare... Ca commence à brasser (boisson trop froide sans aucun doute et les descentes endiablées qui tapent...) mais je serre les fesses !

En attendant, si je prenais plutôt un bain de boue, tiens ?!

Et zou, pas vu venir celle-là !
Je m'étale de tout mon long dans une belle glaise dont je n'arrive pas à me dépétrer ! Merci à ce gentil concurrent de m'avoir relevée ! Après m'être assurée que rien n'était cassé, je m'indigne haut et fort d'être toute crottée (bouh ! ma belle tenue fushia !!!) pour finir dans mon traditionnel fou-rire auto-dérisoire !


Espérance

Me voilà à Sainte Catherine. Je ne retrouve pas les détails, je ne remets pas les personnes aux bons endroits, les portions sympas, les côtes, les descentes, tout s'enchaîne tellement facilement...
Un p'tit "lap" et la surprise est à nouveau de taille : 3h08" contre 3h20 en rêve...
Mais qui c'est lui derrière ???

Je décroche mon gobelet écolo pour un verre de thé et retrouve par la même Arthur qui me dit que je suis en avance ! Il m'aide à me laver les mains (avec sa bouteille d'eau !) et je repars avec ma bulle, ne percutant même pas qu'on aurait pu repartir ensemble ! Dommage !
Mais je pense à ce temps de 3h08, je calcule, je pense à ce qui m'attend et me dit que la Sainté de bronze peut être pour moi, alors pas une minute à perdre !
Je pense quand même à faire quelques grimaces à Yayoun !


Déchéance...

Je profite de la grimpette à la sortie de Ste Cath pour me ravitailler (chose que j'aurai vraiment eu du mal à faire tout au long de cette nuit ! Ca reste coincé dans la gorge !) et récupérer car mes ischios commencent à tirailler...
Le Bois d'Arfeuille ne tarde pas à s'offrir à moi avec sa descente tant redoutée. La première partie est géniale, je m'éclate malgré le coup de mou et m'éclate par contre les jambes dans la descente... Le problème c'est que je suis plutôt seule et que ma frontale n'est pas assez puissante pour voir où je mets les pieds, alors je retiens et ça fait mal...


... Puis euphorie intense

En retrouvant le bitume, je retrouve mes jambes, une bonne descente sur Saint Genoux et me voilà à nouveau avec des jambes en état. Quand je vous dit que je suis en plein rêve !

A Saint Genoux, coup d'oeil au garmin, je dois être aux alentours des 4h - 4h15 de course (décidemment, ma mémoire ne veux pas me redonner des détails précis !). Une bonne grimpette s'offre à nous et après c'est 10 km de descente jusqu'à Soucieu.
Nouveau calcul rapide, je peux y être vers 5h15... Je pourrais donc envisager les 8 h ????
Patator se met alors en marche...

Je me trouve un compagnon de route et nous nous entraînons sur un bon rythme même s'il finit par me lâcher.
Pour moi, plus question de quitter mon allure des yeux...
Plus de 2 mois que je m'entraîne pour cette SaintéLyon, que je mange SaintéLyon, que je dors SaintéLyon.
Alors pour tout cet investissement, pour mon chéri, pour mes loulous, pour mes parents, je peux le faire, je DOIS le faire. La compétitrice prend les rennes, elle ne les lâchera plus...

 



Un peu de dance !

Soucieu : 5h10.
Toujours pas d'arrêt, les montées me suffisent pour récupérer et niveau bouffe j'ai largement trop sur moi du coup... C'est la nuit, normal que je rêve ! Mais j'y crois maintenant dur comme fer : arriver en 8h, voire un peu moins...

Je croise Zazou et Mary, ça me booste et décide de mettre les watts dans les oreilles, juste à me laisser entraîner par les boum-boum !
Passage du Garon, nickel, quelques descentes minimes en chemin et un appui sous le talon droit douloureux... M'en fous, y'a plus de chemin après, mais toutes les descentes sont un petit supplice pour mon ventre, les douleurs intestinales se sont transformées en crampes.
Parc de Chaponost, une p'tite montée plus que boueuse (ma pauvre Zazou !) et un peu plus loin, je me sens poussée... Mais oui, c'est bien toi Lolo, tout juste à cet endroit précis que je t'avais doublée l'an passé...


Ravito de Beaunant, 6h30, je pense à Looping à qui j'avais indiqué présomptueusement que j'y serais à 7h00...
Sa compagnie aurait été très appréciable aussi !
Dernière grimpette, celle de la montée de Sainte Foy, la fameuse de l'aqueduc.
Je l'aborde d'un bon pas, j'avale tant bien que mal un mini sandwich et bois, moins de 10 kilomètres une fois en haut...


Souffrance

La traversée de Sainté Foy est interminable, le panneau des 5 derniers kilomètres semble ne pas vouloir se montrer.
Je pousse un râle de soulagement quand je le vois, je tente de dérouler facilement dans ces rues descendantes mais les crampes me tordent le bide, je n'arrive plus à descendre. Pourtant y'a encore du négatif avant d'atteindre les quais !
Obligée de stopper pour souffler et faire passer. Repars Pat, tu ne peux pas ralentir en descente, pas maintenant !
Je sers les dents, le plat est là mais plus les jambes.
Ca sent pourtant l'écurie alors c'est maintenant Pat, les moins de 8 heures sont à ta portée !
Mais où sont les panneaux indiquant ces derniers fichus kilomètres ?

Pont Galiéni, descente sur les quais... Oh mon dieu, la portion que je fais en courant entre midi et 2. A tous les coups on va aller jusqu'au parc de Gerland... Combien ? 2, 3 kilomètres ? Mais pourquoi y'a pas de panneaux ?????

Mes jambes ne sont plus que des morceaux de bois mais il faut qu'elles tiennent le rythme, j'ai le nez sur le garmin : 9 km/h ;  9,3 ; 8,7 ah non alors ! ; 9,5... Je me surprends tout de même à être encore capable de tenir cette allure.
Des relayeurs me doublent, quelques solos qui ont un sursaut d'énergie aussi.
J'aimerais tant leur emboîter la foulée !


Délivrance

Y'a un grand dôme là sur la gauche, oh oui et la grosse sphère lumineuse aussi !

Le jour se lève à peine...

Ca tourne à gauche, combien encore ? 100 m ?
Oh mon dieu, je l'ai ce chrono ! Je vais l'avoir !
Je dois sprinter, je suis obligée de sprinter, je suis en dessous de 8 h, on sprinte quand on est dans ces temps là, non ?
Je ne sais plus ce qui se passe dans ma tête, je suffoque à cause de ce gros sanglot dans ma gorge.
75 m, 50m, 25m... Y'a foule le long des barrières de sécurité, c'est moi qu'ils encouragent ?

10m, je pénètre dans le Palais des Sports de Gerland, la crise de larme monte, ça bipe, j'ai fini !

Je m'écroule en pleurs sur le sol, je ne vois rien, je ne contrôle plus rien.

(Avertissement : les liens ci dessous peuvent heurter la sensibilité des plus émotifs...)
http://www.smartvideotouch.com/fr/vos-videos/showvideo.html?sid=11327

Je n'arrive pas à m'arrêter, je retombe dans les bras de cette adorable bénévole qui tente de me récupérer en même temps que ma puce éléctronique.
J'entends le speaker qui met une ambiance de folie "7h49" de crier dans son micro... Je repars en larmes, il me tape sur l'épaule en me disant "bravo madame", sans son micro...
http://www.smartvideotouch.com/fr/vos-videos/showvideo.html?sid=11314


Errance

Je ne vois rien ni personne... Je voudrais appeler chéri mais comment ? Voir quelqu'un que je connais mais qui ? Tine, Badgone, où êtes-vous ?
Tout doux je reprends mes esprits et arrive à extirper mon portable pour annoncer la bonne nouvelle à chéri. Je vois
Carotte affalée sur ses sacs, elle est morte aussi... Elle ouvre un oeil, j'ouvre la bouche et me remet à pleurer... Sorry Caro - bravo pour ton podium - faut que j'arrive à tel à Fab !

Tout s'enchaîne toujours comme dans un rêve...
Les félicitations, mes flowers sont enfin là, on pleure avec Zazou défaite elle aussi, Tine et Badgone aussi, des kikous à la pelle (tellement plus sympas les uns que les autres !), Pascaloup qui ne cesse de relever ma perf...

Merci, merci,merci... Si vous saviez comme je suis heureuse !

Ah oui, ça se voit ???

J'aurais bien 2 ou 3 faiblesses, la tête qui tourne, les jambes qui flanchent... On me propose à boire, à manger "ah non rien ne passerait !"... Dire que le Blob me propose d'aller me chercher cette Leffe promise... "Tu veux que je vomisse et tombe dans les pommes ?"
J'vais m'assoire moi...


Une performance ?
Une évidence ?
Courue d'avance ?
En toute confiance ?

Depuis dimanche le sourire ne me quitte pas.
Je suis sur mon petit nuage et j'ai le sentiment de plus en plus fort d'avoir rêvé une performance incroyable.
Celle que seuls les autres réalisent.
Alors merci de me rappeler que je me suis donner les moyens d'y arriver.
Merci à tous ceux pour qui cette performance apparaît comme une évidence.

Pour mon premier anniversaire trailistique, je ne pouvais souhaiter un si beau cadeau.

Un CAP est franchi.
L'assimiler.
L'analyser.
L'enrichir.

Continuer...



Tous les résultats ici.

Merci à tous les kikous croisés le long du parcours, en courant ou sur le bord.
Pour vos encouragements, pour vos photos (je vous en ai piqué tout plein !), pour ces quelques mots qui font passer le temps.

Publié dans Les compétitions

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Pat 15/12/2008 11:12

Si c'est à la barque, c'est bien ma Mary bibi ! Et ML est bien sa soeur !Pour garder le contact, n'hésites pas à venir nous encourager le long des parcours !!!

Hervé 14/12/2008 21:15

Oups, Maryline G!!!, autant pour moi, Marie-Laure est sa soeur je crois. Je la connais de la barque à l'époque où l'on ramait ensemble (elle à crépieux), depuis l'année dernière je me suis mis au trail, malheureusement je me suis blessé en avril et le mois prochain je me fais opérer des croisés. Donc la Stélyon, oui mais pas avant 2010. En tout cas je suivrais ta saison 2009 et celle d'autres blogueurs pour garder le contact et surtout le moral.

Mamanpat 13/12/2008 13:24

@ Caro : j'espère que ton petit doigt dit vrai... Je me mets déjà à rêver d'un Sainté d'Argent...Et pour la sortie, j'y compte bien ! Je ne te lâcherai pas !@ Oslo : tout l'avantage du métronome ! S'arrête jamais !@ Hervé : Merci, mais qui es-tu ???? Des rameuses oui, mais pas de Marie-Laure : Alexandra, Maryline et Elsa sont à mes côtés !Alors la SL en 2009 ???

Hervé 12/12/2008 12:50

wahou!! vraiment, bravo pour ton CR et ta course. l'émotion est légitime. en tout cas ça fait vraiment envie de la faire cette course, d'autant que c'est pas loin de la maison. sinon il ma semblé reconnaitre une rameuse sur une photo, n'est ce pas Marie-Laure G?

Oslo 10/12/2008 17:08

En effet, j'ai constaté qu'on était très proches à chaque point de contrôle niveau temps. Mais je me suis arrêté "longtemps"à Soucieu pour remplir le camel et virer tous les cailloux dans mes godasses. Et j'ai aussi marché pas mal avec Taz avant de me décider à l'abandonner pour continuer tout seul. C'est là que tu as du filer devant...