Mémère et les Passerelles du Monteynard # Trail PM

Publié le par Mamanpat

Traverser des passerelles himalayennes, moi la mémère froussarde à souhait dès que ses pieds ne touchent plus le sol... Je lui ai dit à François quand il m'a interpelée sur son stand à la SaintéLyon en décembre dernier ! Il me dit alors "fais la Grande Course, il n'y en a que 2 à passer !".

Soit, ravie de t'avoir rencontré in real life François mais pour l'instant mes préoccupations sont aux 30 km qui m'attendent pour mon relais et cette satanée aponévrose plantaire qui va me priver de CAP jusqu'en février...

Mais il revient à la charge l'ami et commence à susciter mon intérêt, me remémorant certain(e)s de mes compères ayant adoré cette course ! Je me fais un peu prier, prends des renseignements sur la nature du parcours (faut pas que ce soit technique au sol surtout !), fini par céder à l'enthousiasme communicatif de François pour sa course et en mars me voilà inscrite pour ce qui sera mon objectif de cette première moitié d'année (et oublier les passerelles à traverser...) avec les plus gros ratio km / D+ sur une course aussi longue jamais courue...

Y'a plus qu'à préparer la bête ! Pour se faire :

- Sortie longue en mode serre-file au LUT en avril - 36 km - 1300m D+ - 6h06

Les jambes ont super encaissé, les marches c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas !

Avec le Fifi, plus on est de fous, plus on rit !

Avec le Fifi, plus on est de fous, plus on rit !

- Objectif intermédiaire au Trail SO Bugey fin mai - 44 km - 2200m D+ - 6h52

Un peu sous-estimé le parcours Mamanpat ! Et surtout j'ai voulu courir les 10 premiers km avant la grande montée à Innimond et je me suis pété les jambes ! Plus de 1000m de D+ au 17ème km où j'avais déjà les jambes en béton... Autant dire que la dernière grimpette au Tantennet (4 km / 650 m D+) a bien piqué !

Une belle découverte du bas Bugey et une sacrée belle orga pour une 1ère ! Et avec les potes (Thomas, Jean-Phi, Julien, Gibus, Vincent, Jo), c'est toujours mieux !

Une belle découverte du bas Bugey et une sacrée belle orga pour une 1ère ! Et avec les potes (Thomas, Jean-Phi, Julien, Gibus, Vincent, Jo), c'est toujours mieux !

- Sortie longue / point sur la forme et l'entraînement sur le Trail du Gévaudan en juin - 48 km - 1700mD+ - 6h20

Etat largement validé avec une trés bonne gestion des 20 premiers km qui comptaient plus de 1000 m D+ et des jambes de feu pour envoyer sur les 20 derniers en descente (et un peu de yoyo quand même !) ! (Mais j'ai perdu Fifi à St Privat...).

On ne change pas une équipe de fous qui gagne (ou pas) en y ajoutant le 3ème laron chouchou et super nany Cathy !

On ne change pas une équipe de fous qui gagne (ou pas) en y ajoutant le 3ème laron chouchou et super nany Cathy !

De retour du Gévaudan, chéri accepte l'idée que je lui avais soumise de m'accompagner au Monteynard et de me suivre sur la course ! Youhou ! Chambre réservée dans la foulée à La Mure à 150 m du départ, trop contente ! Chéri lui va sûrement regretter....

 

Samedi 16 juillet - 14h

C'est parti ! Direction Treffort pour récupérer mon dossard et emprunter la route départementale en direction de La Mure en repérage pour chéri le lendemain. Sur place on découvre la lourde organisation avec parking à 2 km du site et des navettes qui acheminent tout ce petit monde depuis déjà le matin (courses enfants, 14 km et 22 km en ce  samedi). Le village est confortablement installé au bord du lac et plutôt bien agencé. Dossard récupéré en 30s chrono et je file saluer mon hôte au PC course. J'ai ainsi le plaisir de faire la connaissance du célébrissime et sympathique Ludovic Collet, speaker émérite qui officie sur les Ultra montagnards (donc là où je ne risque pas de le croiser en temps normal !).

François m'embarque dehors pour me montrer de visu ce qui m'attend le lendemain. Il faut dire que d'ici nous avons déjà un bel aperçu des paysages et des points par lesquels passent le parcours dont le Sénépy (très haut !), Monteynard la Ville et son clocher, la Côte Rouge et ce lac aux eaux bleu/vert ! François lui a des étoiles dans ses beaux yeux clairs en me décrivant tout ça, quel enthousiasme communicatif encore une fois !

Quelques routes sinueuses plus tard, nous voilà installés à l'hôtel à La Mure où je retrouve Guillaume (président DCA Décines Meyzieu) avec femme et enfant, petit tour dans le centre que nous imaginions bien plus grand (et moderne), une pizza et zou, au lit !

 

Si ça marche pour la grande championne Martine, pourquoi pas moi ?

Si ça marche pour la grande championne Martine, pourquoi pas moi ?

Dimanche 17 juilet - 4h00

Pas beaucoup mais plutôt bien dormi ! J'installe mes quarties petit-dej et préparation dans la salle de bain pour laisser chéri dormir, en profite pour papoter via messenger avec mon loulou de l'autre côté de la planète.

5h10, un bisou à chéri la tête sous les oreillers et je file sur la ligne de départ.

Je trottine un peu pour mettre la machine en état de marche et profiter des premières lueurs du jour qui se lève et ne pas subir la première ascension, puis me rapproche de l'arche où je retrouve Camille, Nico (que je ne reverrais plus, ratant ainsi Sarah), Ludovic qui me promet un roulage de pelle à l'arrivée (euh... je risque d'avoir une haleine de chacal ! :-) ), Marie camérawoman officielle (que je rencontre in real life aussi !) et les potes et voisins Florian et Stéphane, futurs 3èmes ex-aequo et qui sur cette ligne démontrent d'une belle complicité à vouloir courir ensemble et se faire plaisir !

Bon trail à tous ! Faites-vous plaisir !Bon trail à tous ! Faites-vous plaisir !
Bon trail à tous ! Faites-vous plaisir !

Bon trail à tous ! Faites-vous plaisir !

Top départ - 5h30

Ludovic nous met une belle ambiance et 1 mn d'applaudissements solidaires mettent les sens en alerte...

5, 4, 3, 2, 1, HERE WE GO !

Mémère et les Passerelles du Monteynard # Trail PM
Mémère et les Passerelles du Monteynard # Trail PM

Une petite boucle dans La Mure permet au peloton (moins de 400 coureurs solos + relais) de s'étirer et d'échauffer les gambettes et à peine 1,5 km plus loin, nous voilà dans les chemins ascendants.

Cette première ascension que je redoutais débute assez timidement et se coure donc plutôt bien. Je déplie tout de même rapidement les bâtons mais le rythme est bon.

Nous arrivons rapidement en dessous du Col du Sénépy par un large chemin qui nous offre une vue superbe sur le lever du jour et du soleil derrière le Dévoluy. Ca y est, on m'a perdue, je suis en extase ! J'ai juste envie de me poser là et d'observer le soleil se lever !

L'ambiance est assez bonne, je croise Arnaud (qui a suivi ma prépa sur FB) puis retrouve Guillaume qui me double en montée avec ses jambes qui font 2 fois les miennes... Et puis il faut dire que j'interpelle tout le monde autour de moi pour admirer dame nature ! Puis c'est une concurrente qui voit des sangliers et nous prenons le temps de les voir détaler pour que quelques centaines de mètres plus loin, il y en ait un qui déboule dans les pieds du coureur 5 m devant nous en lui coupant le chemin ! Il est zen le gars, moi j'aurais hurler !

Comment c'est trop beauuuuuu !Comment c'est trop beauuuuuu !
Comment c'est trop beauuuuuu !Comment c'est trop beauuuuuu !Comment c'est trop beauuuuuu !

Comment c'est trop beauuuuuu !

Je suis dans la course mais pas vraiment, je passe mon temps à vouloir sortir mon tel pour prendre des photos et en le rangeant, hop une p'tite gamelle genoux et mains au sol, dans les alpages sur l'herbe tout va bien ! D'ailleurs je me marre toute seule, l'orga aurait du organiser un Minecraft géant ici ! Pour les règles ça aurait pu être soit éviter au max les bouses soit en piétiner le plus possible ! Sérieux, on ne sait pas où poser les pieds, déjà que c'est pas facile de courir dans les sentes !

La banane ! (J'aurai mieux fait d'en bouffer ouais !!!)La banane ! (J'aurai mieux fait d'en bouffer ouais !!!)

La banane ! (J'aurai mieux fait d'en bouffer ouais !!!)

La bascule de la première bosse est déjà là et on se laisse glisser jusqu'aux Signareaux.

 

Signareaux - 13,5 km - 2h00

Je traverse le ravito sans m'arrêter, juste prenant le temps d'envoyer ma position à chéri. Je suis pile poil dans le plan de marche imaginé, 2h00 tout rond mais 13,5 km à la montre au lieu des 12,8 annoncés.

S'ensuit un long single descendant en sous bois super sympa ! Je récupère à 2 reprises des coureurs qui s'emballent et filent tout droit empruntant la mauvaise route ! Faut gérer les gars, vous allez vous péter les quadri un peu tôt là ! (Ils ne m'ont pas écoutée, ils l'ont payé...).

Je me sens super bien, les jambes sont maintenant bien chaudes, aucune tension nulle part, il fait encore frais à l'ombre, je pense à boire régulièrement. TOP !

Arrive la "petite" bosse pour aller visiter la 8ème merveille du Dauphiné à 1720 m d'altitude, la Pierre Percée. On la voit d'en bas qui se détache sur ce beau ciel bleu, superbe ! Mais que ça parait haut ! Et nous voilà au petit sentier qui va nous y mener, un beau petit mur avec une ambiance garrigue ! J'avale une barre avant le sommet et passe sous cette édifice naturel avec émerveillement !

Fallait mettre les mains et les fesses quand même pour passer là dessous !Fallait mettre les mains et les fesses quand même pour passer là dessous !
Fallait mettre les mains et les fesses quand même pour passer là dessous !

Fallait mettre les mains et les fesses quand même pour passer là dessous !

Encore une grande portion en descente et nous voilà à l'approche du ravito 2.

 

Mine Image - 24,5 km - 3h36

Nous voilà sur la 2ème curiosité du parcours, cette vieille mine transformée en musée. Nous la traversons en courant ! Là je suis juste comme une gamine un soir de Noël, c'est génial ! J'adore et ce sera vraiment mon coup de coeur de ce trail ! A la sortie de la mine, je vois que tous les bénévoles ici présents sont en costumes de mineurs ! Je pousse un "c'est Dysneyland ce trail, j'adore !" qui fera bien rire cette charmante mineure !

Beaucoup mieux que le train de la Mine de Dysneyland !
Beaucoup mieux que le train de la Mine de Dysneyland !

Beaucoup mieux que le train de la Mine de Dysneyland !

J'ai 2 km de plus au compteur et j'accuse 25 mn de retard. Ca devrait le faire pour le 1er point de rendez-vous avec chéri à Monteynard, y'a plus qu'à descendre.... Sauf que non ! J'ai une bonne petite bosse à passer, l'avais pas enregistrée celle-là ! Un peu plus de 2 km et 250 D+, j'vais pas aller bien vite ! Bon les jambes et le coeur y sont, la descente derrirère est assez raide en champ de vache, pas aisée ! J'y retrouve ma copine de sangliers, un genou en vrac qui ne plie plus, fini pour elle mais elle a le sourire et m'encourage pour la suite.

 

Monteynard la Ville - 30 km - 4h32

Oui bon j'avais estimé 9h20 soit 3h50 de course à chéri... Mais tout va bien, rapidement je lui raconte tout ce que notre loulou m'a dit le matin par messenger, je bois 4 ou 5 verres d'eau gazeuse et de coca, remplis les bouteilles, avale qq abricots secs (le salé ne me fait pas encore envie mais j'aurais du me forcer...) et repars sans m'attarder en marchant et finissant de boire et nous donnant rendez-vous à Mayres Savel !

C'est à c't'heure là que tu arrives ?!!!

C'est à c't'heure là que tu arrives ?!!!

La descente qui suit débute gentillement, j'y croise Marie et Lionel qui remonte du chemin de fer pour leurs prises de vue, puis se raidit sévèrement avec un petit passage bien glissant et nous voilà sur le fameux chemin de fer, en bord de falaise, surplombant le lac. Je m'approche et ne peux retenir un "oula !" et me recule immédiatement ! J'vous dit, le vide en dessous de mes pieds, j'peux pas ! Mais là encore, on a juste envie de se poser et d'admirer !

 

Buccolique, impressionnant et ce Mont Aiguille qui veille, imperturbable, sur nous !
Buccolique, impressionnant et ce Mont Aiguille qui veille, imperturbable, sur nous !Buccolique, impressionnant et ce Mont Aiguille qui veille, imperturbable, sur nous !

Buccolique, impressionnant et ce Mont Aiguille qui veille, imperturbable, sur nous !

Passage sous un tunnel et tout le monde descend à la station suivante où nous virons à droite en traversant des ruines. On descend au plus bas, enjambant un mini cours d'eau et où une bénevole bouquine sans oublier de nous gratifier d'un sourire et on attaque les 1200m de D+ et 8 km qui vont nous amener au sommet du Sénépy. C'est parti !

A l'approche du point d'eau basé à Les Côtes, je vois surgir mon chéri de derrière un buisson ! Je lui dit que j'aurais pu le prendre pour un exhib ! Il me dit que j'ai repris du monde sur cette petite portion et m'accompagne aux tables. Sur ce bout de route je trouve le moyen de coincer mon bâton dans une grille et de l'embarquer avec moi ! Le coureur qui m'accompagne me dit que ça risque de peser dans la montée !!! Heureusement chéri est là pour me débarasser de ce poids !

 

Oh la boulette !

Oh la boulette !

Juste un verre d'eau et je poursuis, la route va être longue jusqu'au sommet et une signaleur nous annonce pas mal de portions en plein soleil.

Il me faudra bien 2h15 pour avaler ces 1200m de D+, cette grimpette fût rude avec des portions bien raides où j'improvise une technique de planter de bâtons pas trés académique mais fichtrement efficace (surtout pour soulager les cuisses et le dos !). J'évolue au sein d'un bon petit groupe en jouant au yoyo, nous relayant selon les pauses boissons ou alimentation. Mais ça passe bien ! Oh certes je suis lente mais mes jambes ne rechignent pas et se permettent de reprendre quelques coureurs qui commencent à accuser le coup !

Les 3/4 de la grimpette se font finalement en sous bois et à la sortie de ceux-ci nous voilà sur l'alpage du sommet du Sénépy ! Il n'y a plus bien long à faire pour admirer la vue à 360° !

Décidemment, c'est juste magnifique ! Vue intégrale sur le Dévoluy, le Vercors et ce Mont Aiguille, le lac, l'Ebron, on devine même la passerelle... Pfiou, quelle éclate visuelle !

Juste... Wahou !Juste... Wahou !
Juste... Wahou !Juste... Wahou !

Juste... Wahou !

7h20 de course, les premiers sont déjà arrivés et j'ai encore 26 km à faire ! Ca calme !

Je savais que la descente jusqu'au ravito serait raide, c'est le cas et c'est évidemment en sentes bien escarpées, mémère en action ! Et puis descente revenue, vessie de nouveau secouée ! J'ai eu envie de pisser au 20ème km et pas trouvé de petit coin pour cacher mon popotin ! En montée j'ai oublié mais là ça devient juste hyper pressent ! Et que de l'alpage !

Heureusement nous rejoignons rapidement une piste bien roulante avec quelques reliefs sur les côtés où je trouve à me cacher derrière de grandes orties ! J'ai du pisser 1 litre, j'ai cru ne jamais repartir ! Mais au moins, côté hydratation, j'assure !

J'ai hâte d'arriver au ravito, j'ai une p'tite faim et je pense - à tord - qu'après il n'y aura plus que se laisser couler jusqu'aux Passerelles et au pied de Côte Rouge... Mouarf !

 

Ravito Alpage - 44 km - 7h50

Il y a un peu de monde ici, certains un peu KO. Je me sens toujours bien mais je suis déçue, y'a pas de salé consistant à manger... Y'a plus grand chose d'ailleurs (et oui, le 37 km est passé par là et j'entends des bénévoles dirent qu'ils ont du remonter de quoi fournir), et surtout quelque chose qui me fasse envie. Alors je jette mon dévolu sur de la pastèque et sur l'eau gazeuse et le coca. Refull ok, je passe par la douche du berger (le tuyau dont s'occupe les loulous !) pour me rafraichir et me désaler un peu et en avant Simone !

On sort des alpages et on serpente désormais au milieu des villages, d'abord dans un sous bois avec des singles bien raides et étroits, quelques parties plus "plates" qui soulagent un peu les quadri mais aussi un peu de routes, raides aussi. J'ai les orteils qui commencent à râler un peu de taper dans le bout de la chaussure à retenir comme ça en descente. C'est a posteriori la portion que j'ai le moins apprécié.

 

Mayres Savel - 51,2 km - 9h00

Je retrouve mon chéri pour qui le temps s'est un peu arrêté ! Mais je tiens le bon bout même si j'ai au compteur plus de 3 km en plus que ceux annoncés ! Si on s'en réferre au parcours officiel, il reste donc 16 km dont la grimpette à Côte Rouge.

Il faut absolument que je mange du solide, il y a ici du pain et du fromage mais trop tard... Je tente le pain qui ne passe absolument pas, je repare l'estomac plein de bulles après au moins 5 verres de St Yorre et de coca mais sans rien manger.... Toujours....

Chéri m'annonce que Guillaume a jeté l'éponge ici il y a environ 30 mn, de mon côté je ne traîne pas - toujours - et repars un peu trop vite en courant, ce qui me vaut 2 remontées de bulles dans la bouche ! Bon ap' ! Désolée...

Un large chemin en descente, puis un serpentin plus étroit nous amène à la passerelle du Drac et là le stress monte ! Je me suis focalisée sur le parcours durant toute ma prépa, ayant très certainement mis inconsciemment de côté cette difficulté... En arrivant devant la passerelle, je ne fais pas la fière ! Je sors le tel, voulant filmer la traversée mais je suis un peu crispée ! Heureusement, il y a de la verdure sous la passerelle au début, puis le vide.... Oula, je me crispe, me cramponne aux bâtons à m'en couper la circulation et garde le nez en l'air. Mais dès que la passerelle bouge un peu, le regard circule, j'aperçois le vide et l'angoisse monte. Purée, qu'est-ce que j'ai pris sur moi ! Je me concentre sur les personnes devant sur le point de finir et y arrive aussi ! Pfiou ! Je me marre et me fous de moi mais j'ai les jambes dans le formol !

 

 

OMG !!!

OMG !!!

Je reprends sur un chemin en terre sur lequel nous allons faire de petites montagnes russes. Mais je n'y suis plus, j'ai la tête qui tourne un peu et la poitrinne serrée. Je mets ça sur le compte de l'émotion et me dis que ça va être coton pour la 2nde traversée !

Le chemin est plus large, trés exposé au soleil et plus rien ne va... Je n'avance plus ! Un petit raidard n'arrange pas mes affaires et je commence à voir des étoiles ! En haut se trouve une tente en guise de poste de secours et les charmantes secouristes proposent des bouteilles d'eau. Ni une ni deux, j'en prends une et me la vide sur la tête, pensant à un gros coup de chaud. Quel bonheur ! Je repars rafraîchie mais à peine 5 mn plus tard, je suis déjà sèche et bouillante. Ouh ça sent mauvais tout ça ! Le chemin jusqu'à la passerelle du Drac est interminable, je peine et les randonneurs croisés ne sont guère encourageants ! Je sers les dents et arrive enfin à cet avant dernier obstacle...

Et là c'est panique à bord... Avec le coup de bambou que je me prends derrière la caboche, je suis plantée devant la passerelle, à respirer comme un petit chien et les larmes aux yeux ! Le pire c'est que celle-ci, c'est direct au dessus du vide, elle me paraît 2 fois plus longue et elle fait 2 fois plus la banane ! Ce que j'aurais aimé que des promeneurs puissent me prendre par les bras et me fassent traverser en gardant les yeux fermés !

 

 

 

Passage des coureurs du 37 km - Crédit photo Gibus

Passage des coureurs du 37 km - Crédit photo Gibus

Ca passe mais au bout je suis liquide, vidée... Plus de coureurs devant ni derrière depuis bien longtemps et les idées noires m'envahissent... Si chéri a réussi à se faufiler au dernier ravito c'est quite ou double : soit je rentre en voiture avec lui, soit il me botte le cul pour que je finisse...

Je suis rejointe par Georges - la légende V3 aux bacchantes blanches ! - et un autre coureur, nous sommes dans le gaz et nous posons des questions sur le parcours et la BH... Quoi la BH ?!

C'est rare mais là, j'avais plus le sourire ! (bon même si cette photo n'a pas été prise à cet endroit hein !)

C'est rare mais là, j'avais plus le sourire ! (bon même si cette photo n'a pas été prise à cet endroit hein !)

Ruisseau Baraton - 59,6 km - 10h40

 

Marchant-trottant nous arrivons au dernier ravito, lové au bout d'un chemin et donc sans chéri présent...

Enfin ma montre recolle avec le kilomètrage officiel et pourtant on nous annonce encore 7 km ! Pas cool Mamanpat, pas contente quand le bénévole et le serre-file qui attend pour fermer la BH (40 mn encore...), nous le disent ! Rhooo la vilaine ! Toutes mes excuses, je ne contrôle plus rien, j'ai la tête lourde, j'en ai marre... Je me revide une bouteille d'eau sur la tête et retiens non sans appréhension que 3 km de montée et 500 m de D+ nous attendent... Débrancher le cerveau, faut rentrer de toute façon...

J'emboîte le pas à Georges et réalise certaiement l'ascension le plus lente de l'histoire du trail : 1h00 pour atteindre le sommet ! La tête dans les étoiles, la poitrine qui sert, le mental dans les chaussettes, la nausée... Un arrêt tête sur les bâtons, les 3 coureurs qui me suivent s'arrêtent, s'enquierent de mon piteux état, me proposent une barre... Pas bien, j'ai mais çe donne la gerbe d'y penser... Ils poursuivent, l'un d'eux se retournera à plusieurs reprises pour voir si je suis... Ils s'éloigent... 2ème arrêt tête sur les bâtons, 1 coureur (Eric, on se connait virtuellement et nous en rendrons compte sur FB 2 jours plus tard !) et 1 coureuse s'arrêtent, s'enquierent de mon état et la miss me propose une compote ! Oh ça passerait bien ça ! Hop une Pom'Pote à la mangue (merci Sandrine, retrouvée sur FB 2 jours plus tard!), quelques pas et j'arrive au sommet et amorce la longue descente bien pentue... Je n'arrive pas à courir, un point me tord le bide. Décidemment c'est la totale ! Chéri me rappelle, j'ai tenté de le joindre 2 fois pour qu'il vienne à ma rencontre. J'ai la gorge nouée, je m'accroche au courage de mon zozo là bas en Australie... Petit à petit, le point me quitte, la lucidité revient, je retrottine et je retrouve le sourire en voyant chéri ! Par contre la grand Georges est allongé dans l'herbe sur le côté... Chéri va l'aider à finir la descente, je lui indique que ça va mieux et peux finir sans problème.

Une route, une dernière un peu raide, la plage, j'y suis !!!

 

Plage de Treffort - 67 km - 12h40

 

C'est bras grand ouverts que Ludo m'accueille sur la ligne d'arrivée et me gratifie d'une grosse accolade en me soulevant de terre ! La "princesse Patou" a largement retrouvé le sourire à ce gentil surnom ! François surgit sur la ligne tout sourire également. Merci les amis votre accueil fait chaud au coeur, rien que pour ce genre d'arrivée, ça vaut le coup de ne rien lâcher !

Ca vaut pas tous les podiums ça !Ca vaut pas tous les podiums ça !
Ca vaut pas tous les podiums ça !

Ca vaut pas tous les podiums ça !

Marie et Lionel se joignent à nous et je donne mes impressions sur ce parcours magique pendant lequel je suis passée par toutes les émotions !

Mais je vois que chéri s'impatiente (c'est que la journée a été longue !), je tente la douche mais opte finalement pour un désalage vivifiant dans le lac !  En tenue, l'eau jusqu'à la taille à m'asperger le visage et les bras, ça fait un bien fou !

Fanée Mamanpat, comme les p'tites fleurs sur ses trails !

Fanée Mamanpat, comme les p'tites fleurs sur ses trails !

Meximieux - Jours suivants

 

Côté course

Ce Trail des Passerelles du Monteynard est un course vraiment magnifique ! Les paysages et curiosités qui jalonnent le parcours sont somptueux et surprenants. J'avais envie de découvrir de nouveaux paysages, j'ai été servie et émerveillée !

L'organisation est parfaitement rodée. Informations claires et précises avant la course, gestion du parking avec les navettes, agencement du site, retrait des dossards, balisage du parcours, qualité des ravitaillements, ambiance et animations... Vraiment top ! Et une mention vraiment spéciale aux bénévoles, incroyablement nombreux, serviables et sympathiques,  qui, s'ils ne répondent pas aux bonjours lancés, le font d'eux-même avec des sourires jusqu'aux oreilles, parfois quelques boutades qui vont donnent envie de vous installer avec eux à tailler la bavette ! (Avec les messieurs à la Pierre Percée notamment !), et des encouragements salvateurs !

Le parcours, peu technique, est tout de même exigeant car il y a de belles grimpettes mais aussi de belles descentes et surtout beaucoup de relances à plat ou faux-plat (montants et descendants), je pense qu'on pourrait le qualifier de roulant (sauf pour moi bien sûr !).

 

Côté coureuse

Très contente de ma préparation ! J'avais peur d'un manque de dénivelé pour encaisser ce ratio qui n'est pas en ma faveur mais les jambes ont vraiment bien bossé ! Bravo les cuissots !

Je suis par contre toujours aussi lente en montée et quiche en descente, ça ne changera pas et avec un dossard, la compétitrice que je suis doit plus que jamais cibler les épreuves pour vraiment courir. J'adore ce type de parcours mais il vaut vraiment mieux que je m'en tienne à du off entre potes quand c'est un peu trop hardu !

La panne de moteur... Ca ne m'était jamais arrivé mais je n'avais jamais fait une épreuve longue en été ! J'ai focalisé sur l'hydratation, trés bien gérée au demeurant, mais ai complétement foiré l'alimentation ! Du coup je n'ai pas apprécié à sa juste valeur la fin du parcours même si de toute évidence, je n'aurais pas pu faire mieux que 11h30 in fine. Mais frustrant de subir ainsi en fin de course alors que c'est plutôt mon point fort habituellement !

Aucun bobo, je répète, AUCUN BOBO ! Non mais c'est Dallas là ! Rien, pas un genou qui couine, un ischio qui tire, une périostite qui titille, un psoas coincé, rien ! Mais s'entraîner sur fond de repos, sans stress et passer régulièrement entre les mains expertes d'un bon kiné y sont pour beaucoup... Juste le vernis qui va bien servir encore cet été pour camoufler des ongles qui ne récupèrent pas d'une course à l'autre...

La traversée des Passerelles restera sûrement ma plus grande fierté mais aussi la plus grande difficulté rencontrée. Pour me retraîner la dessus, faudra être plus que très convaincant...

 

Mille mercis à François pour son invitation et son enthousiasme et à chéri pour m'avoir accompagnée et surtout attendue si longtemps....

 

Bref, je vous dirais bien d'aller au Trail des Passerelles du Monteynard les yeux fermés mais c'est surtout les yeux grands ouverts qu'il a le plus d'intérêt !

 

Tous les résultats ici.

 

Merci François, j'en ai pris plein les mirettes !

Merci François, j'en ai pris plein les mirettes !

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